L’investissement en actions, qui plus est en actions d’une seule entreprise, comporte des risques.

C’est la raison pour laquelle le législateur dans sa grande sagesse, a exclu l’actionnariat salarié du PER d’entreprise collectif (PERECO, ancien PERCO) afin d’éviter que l’épargne retraite des salariés ne soit exposée sur un seul titre.

S’agissant de l’actionnariat salarié dans les PEE (Plan d’Epargne d’Entreprise), la décote et l’abondement créent un amortisseur qui permet de lisser le risque des collaborateurs.

Le Panorama de l’actionnariat salarié d’Eres s’intéresse depuis plusieurs années à la performance des opérations collectives d’actionnariat salarié (augmentation de capital réservée ou cession d’actions) réalisées par les grandes entreprises cotées en France.

Ainsi, la dernière édition de l’étude a analysé la performance sur 5 ans des 200 opérations collectives réalisées par 48 entreprises du SBF120 entre 2006 et 2013 (échéance 2011 à 2018).

Nous avons comparé le prix de souscription au prix de l’action 5 ans plus tard. Nous avons intégré les dividendes versés aux actionnaires au cours de la période des 5 ans. Les gains (et pertes) ont été simulés en appliquant des taux d’abondement allant de 25% à 300% (maximum légal).

Les résultats montrent qu’en réintégrant décote et dividende les salariés ont été gagnants dans 80% des cas, dans 93% des cas en intégrant un abondement normatif de 100% (taux d’abondement moyen constatée dans le SBF120 par le Baromètre du Partage du Profit Eres).

Et la régularité des opérations lisse encore le risque de perte au final sur plusieurs opérations cumulées.

Ces résultats sont conservateurs dans la mesure où ils partent du principe que le salarié cède ses actions au bout de 5 ans alors que rien ne l’y oblige.

Le Panorama Eres révèle aussi que :

  • Pour 100€ investis, entre 2006 et 2013, en titres de leur entreprise, les salariés du SBF120 ont réalisé un gain moyen entre 109% (décote et dividende compris, hors abondement) et 675% (avec un abondement de 300%). Il est important de noter que ce gain est en plus exonéré d’impôt sur les plus-values grâce au régime dérogatoire du PEE.

Bien sûr, parmi les très nombreuses opérations proposées, certaines ont pu laisser des souvenirs amers : Vivendi et France Telecom au moment de l’explosion de la bulle internet par exemple. Mais combien d’opérations réussies depuis dans ces entreprises ?

Bien entendu, et nous le conseillons toujours à nos clients, il faut veiller à ce que les salariés n’investissent pas dans les actions de leur entreprise un montant déraisonnable par rapport à leur surface financière et leur besoin de liquidité pour faire face à une dépense imprévue. C’est la raison pour laquelle plafonner les souscriptions ou mettre en œuvre des règles d’abondement plus favorables aux versements modestes est souvent utile.

Il est par ailleurs important de bien qualifier les bénéfices extra-financiers de l’actionnariat salarié :