Communiqué de presse

Eres publie les résultats de la 7e édition de son Panorama de l’actionnariat salarié des entreprises du SBF120. Dans le cadre de la loi Pacte qui vise à développer l’actionnariat salarié dans les PME, l’édition 2019 poursuit l’analyse de l’actionnariat salarié dans les entreprises non cotées.

Résultats clés du Panorama de l’actionnariat salarié Eres

1. L’année 2018, un « grand cru » pour l’actionnariat salarié avec un nombre record d’opérations et un volume record pour les plans collectifs.

  • En 2018, 38 opérations collectives ont été menées par 34 entreprises du SBF120 (augmentations de capital réservées aux salariés et cessions d’actions). Ce nombre est le plus haut pic atteint durant ces 10 dernières années. Il se situe bien au-dessus de la moyenne du nombre d’opérations depuis 2007 (31 opérations).
  • Le volume de ces opérations a été multiplié par 2 depuis 2013, pour atteindre 3,4 milliards d’euros en 2018. Il s’agit du plus haut niveau jamais recensé.

2. Un actionnaire salarié du SBF120 détient en moyenne 36 580€ d’actifs de son entreprise.

Cette moyenne cache des disparités selon la culture d’actionnariat salarié des entreprises. Dans les entreprises ayant une forte culture d’actionnariat salarié les actifs moyens par salarié actionnaire sont près de 2 fois plus élevés : près de 63 000€ en 2018, alors que dans les entreprises à très faible culture d’actionnariat salarié ils sont 4 fois moins élevés : près de 8 800€ en moyenne.

3. L’actionnariat salarié, excellent outil pour fidéliser les talents.

  • Entre 2013 et 2018, les entreprises ayant une forte culture d’actionnariat salarié présentent un taux de départs volontaires inférieur aux autres sociétés (6,9% contre 9,6%) et un taux de licenciement inférieur (3,3% contre 5,0%).

Pour nous, l’indicateur RH le plus pertinent est celui des départs volontaires, seul indicateur résultant de la seule décision des salariés et témoignant de leur attachement à l’entreprise. L’actionnariat salarié permet de développer une culture d’entreprise forte et de fidéliser les talents, deux sujets qui préoccupent de plus en plus les responsables RH.

4. Championne d’Europe de l’actionnariat salarié collectif dans les entreprises cotées en bourse, la France reste en retard en la matière dans les entreprises non cotées. L’ambition de démocratisation est pourtant en marche avec la loi Pacte.

Actionnariat salarié coté

  • 73,6% des entreprises françaises cotées ont des plans d’actionnariat salarié pour l’ensemble des salariés, contre une moyenne européenne de 46,6% ;
  • 36,5% des salariés sont actionnaires contre 20,7% en Europe (taux de démocratisation) ;
  • Les salariés (non dirigeants) détiennent 3,8% du capital des sociétés cotées, contre une moyenne de 1,7% en Europe.

Actionnariat salarié non coté

  • Aujourd’hui, seules 4% des PME françaises ont ouvert leur capital à leurs salariés (1).
  • Dans le non coté (2), le taux de souscription est toujours très élevé (51% contre 34% dans le SBF120) même si la décote moyenne proposée reste inférieure au SBF120 : 11,6%, contre 18% dans le SBF120.

En matière d’actionnariat salarié, la France est un pays de contraste : championne d’Europe dans le coté et à la traîne dans le non coté. Ce retard est néanmoins à relativiser dans la mesure où les PME peuvent privilégier d’autres dispositifs d’association des salariés à la performance comme par exemple l’intéressement qui est parfois plus en adéquation avec leurs besoins.

La démocratisation de l’actionnariat salarié est en marche avec un objectif ambitieux du Gouvernement : faire en sorte que 10% du capital des entreprises françaises soit détenu par les salariés. Pour cela deux mesures importantes ont été prises dans le cadre de la loi sur le financement de la sécurité sociale pour 2019 (LFSS) et la loi Pacte : forfait social abaissé à 10% sur l’actionnariat salarié et décote de 30% maximum (au lieu de 20%) pour un blocage de 5 ans.

Découvrez les résultats détaillés de l’étude Eres

(1) Sondage OpinionWay pour BDO France et Eres, 2016 / Echantillon : 700 entreprises non cotées de 20 à 1000 salariés

(2) Eres – Panorama de l’Actionnariat salarié 2019 / Echantillon : 96 opérations collectives réalisées par 56 entreprises clientes ou non d’Eres

Méthodologie de l’étude

  • Elle est basée sur des données publiques (documents de référence, communiqués de presse) et des informations issues de la FEAS (Fédération Européenne de l’Actionnariat Salarié).
  • L’analyse ne porte que sur les opérations d’actionnariat salarié « collectives » (proposées à l’ensemble des salariés, au moins en France) et non pas aux opérations ciblées.
  • L’historique est mis à jour en fonction de l’évolution de l’indice SBF120.
  • L’étude comporte aussi un volet sur les entreprises non cotées avec un échantillon d’une centaine d’opérations.

Echantillon et méthodologie de la partie sur l’impact de l’actionnariat salarié sur des indicateurs RH

  • L’étude analyse entre 2013 et 2018 : le taux d’embauches, de licenciements, de départs volontaires, d’absentéisme, le nombre d’heures de formation par salarié et l’ancienneté dans les entreprises du SBF120.
  • Nous avons mesuré la culture d’actionnariat salarié (très forte culture vs très faible culture) de chaque entreprise en fonction de trois critères :
    • Taux de démocratisation
    • Part du capital détenue par les salariés
    • Fréquence des opérations collectives entre 2013 et 2018