L’épargne salariale s’ouvre aux critères RSE

Pour réussir leurs stratégies de responsabilité sociale d’entreprise (RSE), les sociétés misent de plus en plus sur la mobilisation et l’engagement de tous leurs salariés via l’intégration de critères RSE dans les accords d’intéressement.

Mise à jour du 19/08/2022 :

L’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron pourrait accélérer cette transformation : « Faire dépendre obligatoirement la rémunération des dirigeants des grandes entreprises du respect des objectifs environnementaux et sociaux de l’entreprise » – cette mesure se traduirait par des objectifs environnementaux à respecter, un encadrement du taux de rémunération du dirigeant et l’obligation pour les grands groupes de débattre des sujets environnementaux avec les actionnaires.

Jusqu’à présent non-coercitif, le respect des critères RSE pourrait devenir obligatoire non seulement pour la rémunération des dirigeants mais également pour l’intéressement versé aux salariés.

Affaire à suivre …

 

 

Selon une étude récente de Vigeo, agence de notation extra-financière, les entreprises européennes sont devancées par les entreprises nord-américaines en matière d’intégration des enjeux RSE aux critères de rémunération des dirigeants (0,2% en Europe contre 5,8% en Amérique du Nord).

En France, le phénomène se développe de plus en plus dans les grands groupes cotés : en 2013, plus de la moitié (57,5%) des sociétés du CAC40 indexent la rémunération variable de leurs dirigeants sur des critères RSE, ce qui représente 6 fois plus qu’en 2008 (source : baromètre Capitalcom, 2013). Ces éléments pèsent en moyenne 15% de la part variable « mais peuvent monter à un tiers », précise Capitalcom.

Au niveau des tendances managériales, on observe un élargissement des publics concernés par les critères RSE. « Les critères RSE interviennent aussi dans la rémunération de plus en plus de managers, mais aussi dans l’intéressement versé aux salariés, comme chez EDF, Schneider Electric, Total et Veolia», souligne Nathalie Voisine, consultante chez Capitalcom.

A titre d’exemple, Schneider Electric a intégré en 2011 des critères RSE dans la part variable des rémunérations des membres du comité exécutif (appliqués ensuite aux managers) et, depuis la signature en juin 2012 de l’accord de participation et de l’accord d’intéressement (2012-2014), l’attribution de l’intéressement des employés des entités françaises inclut l’atteinte d’un objectif de développement durable, défini comme la note du Baromètre Planète & Société à fin 2013.

Chez EDF, le calcul de l’intéressement intègre cinq critères de performance, dont deux associés à des objectifs relatifs au développement durable. Un critère concerne l’environnement (le taux de réduction des émissions de gaz à effet de serre des bâtiments tertiaires utilisés par EDF SA) et un autre le domaine social (le taux de formation « prévention – santé – sécurité »).

Le choix des critères, la traduction en euros de l’atteinte des critères et l’homogénéité ou non des objectifs est très variable selon les entreprises. Mais pour que l’intégration des critères de RSE dans la rémunération des salariés ne soit pas « gadget », l’Observatoire sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises note qu’«il est impératif que celle-ci s’accompagne d’une logique de formation et de communication à l’égard des salariés sur les enjeux et la signification de la RSE. »

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FAQ

A quoi correspondent les critères RSE ?

Guidée par la norme ISO 26000, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) correspond à « l’intégration volontaire par les entreprises de préoccupations sociales et environnementales à leurs activités commerciales et leurs relations avec les parties prenantes » (source).

La France s’implique-t-elle dans l’intégration des critères RSE ?

En France, le phénomène se développe de plus en plus dans les grands groupes cotés. En 2013, 57,5% des sociétés du CAC40 indexent la rémunération variable de leurs dirigeants sur des critères RSE.

L’intégration des outils RSE sensibilise-t-elle véritablement les dirigeants et employés ?

Selon l’Observatoire sur la Responsabilité Sociale des Entreprises, il est crucial que celle-ci s’accompagne d’une logique de formation et de communication sur les enjeux et la signification de la RSE pour que l’introduction de celle-ci ne soit pas superficielle.

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