La majorité des épargnants est toujours frileuse face aux placements en actions. Mais les intentions d’investissement en actions augmentent chez les Millennials (les personnes nées entre 1980 et 1997).

Dans la Lettre de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF (Autorités des Marchés Financiers) de décembre 2018, nous apprenons que la majorité des épargnants français restent réfractaires à la prise de risques. Cette lettre correspond aux résultats d’une enquête annuelle réalisée par l’AMF et qui interroge un échantillon de 1 200 Français sur leurs attitudes et opinions en matière d’épargne, en particulier vis-à-vis des placements en actions. Ainsi, dans l’esprit de la plupart des Français, les placements en actions sont considérés comme risqués et réservés à ceux qui disposent de temps, d’argent et des connaissances suffisantes. 70 % des Français pensent que les placements en actions sont réservés à des gens qui s’y connaissent et 63 % pensent qu’ils sont trop risqués.

Une mauvaise perception de la rentabilité des actions…

Selon l’étude AMF, pour 4 personnes sur 10, les placements en actions ont été « peu rentables » ces 5 dernières années. Elles sont 11 % à penser qu’ils ont été perdants et 36 % des personnes interrogées ne savent pas répondre à cette question. La majorité des épargnants demeurent averses à toute incertitude et pour eux les actions restent synonymes de complexité et de risque élevé. Or, si l’on regarde sur les cinq dernières années, les performances des principales classes d’actifs sont bien positives.

Et en regardant les principaux indices boursiers « Net Total Return » (c’est-à-dire les indices dividendes nets réinvestis) et malgré la forte baisse des marchés en 2018, nous obtenons une performance positive pouvant aller jusqu’à 12% par an pour le S&P 500, l’indice phare américain.

Sur 10 ans, les rendements annualisés sont encore plus élevés avec un minimum de 6.83% par an :

D’ailleurs, la plupart des études montrent que le placement en actions est l’un des plus rémunérateurs sur longue période. La dernière étude parue en 2018, dans le magazine “Le Revenu”, nous indique que sur une période de 30 ans, les actions offrent un rendement supérieur aux autres classes d’actifs.

Cette étude corrobore l’analyse de l’AMF lors d’une autre étude publiée en Juillet 2017 : « Sur les 29 dernières années, période incluant notamment deux crises boursières et financières, il est remarquable de noter qu’en moyenne les placements en actions sur 20 ans ont toujours procuré un rendement nominal positif », se félicitait ainsi l’Autorité des marchés financiers. Lors de cette étude, l’AMF a même indiqué que le rendement annualisé moyen de « placements diversifiés en actions » conservés pendant un minimum de 20 ans était de 5.3%.

…Mais des intentions d’investissement en actions croissantes parmi les épargnants jeunes

Dans la Lettre de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF de décembre, il en ressort une hausse des intentions de souscriptions pour les placements en actions (27 % des Français répondent « faire confiance dans les placements en actions », contre 22 % en 2017) et plus particulièrement chez les moins de 35 ans.

Nous avions appris dans l’étude HSBC “L’avenir des retraites” que la génération Y (les personnes nées entre 1980 et 1997, aussi appelées « Millennials »)  pense très tôt à épargner pour sa retraite, puisqu’elle commence à épargner dès l’âge de 24 ans pour préparer sa retraite, soit deux ans avant la moyenne internationale.

Dans la deuxième édition du baromètre de l’épargne et de l’investissement de l’AMF publiée en octobre dernier, nous apprenons que les moins de 35 ans sont 29 % à envisager d’investir en actions dans les 12 prochains mois. Un taux en forte croissance puisqu’il  était de 19 % en 2017.

Dans un univers de taux négatifs, la génération Y a conscience que pour accroître son patrimoine, elle devra détenir des actions. En effet, la performance des fonds monétaires étant nulle voire négative, ils sont donc plus enclins à accepter de prendre du risque dans l’espoir d’une meilleure rémunération pour leur épargne.

De plus, souvent confiants dans l’évolution de leur situation financière personnelle, ils sont davantage en recherche d’informations sur les placements. Cet intérêt croissant pour la bourse et les placements long terme en actions devra être accompagné par une pédagogie adaptée et des conseils de qualité.

Note : Les performances passées présentées ne préjugent en rien des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.