Les Français (éternels) insatisfaits du partage de la valeur ?

L’Observatoire du Travail sur « l’entreprise idéale » de BVA, mené en janvier et février 2012 sur des échantillons représentatifs de 9 000 salariés classe les attentes et la satisfaction des salariés de 16 pays quant au partage équitable des profits entre salariés, dirigeants et actionnaires.

  67% des salariés français attendent de leur entreprise qu’elle répartisse avec équité les profits entre salariés, dirigeants et actionnaires. L’Observatoire du travail BVA sur l’Entreprise idéale classe les salariés français sur ce point au 2e rang sur 16, derrière le Brésil (73%). L’Allemagne ferme la marche avec 36%. Là ou le bât blesse, c’est que parmi ces 67% de salariés français qui accordent une grande importance à ce critère, ils ne sont plus que 46% à penser que cette répartition équitable du profit existe dans leur entreprise. Et pourtant ils ne sont pas si mal servis au global : Etude ATH sur le partage de la valeur Le croisement des attentes sur ce partage équitable et de la satisfaction quant à son existence effective donne des résultats comparés par pays très instructifs, synthétisés dans le graphique ci-dessus. Trois groupes de pays se détachent dans cette analyse de la perception des salariés :
  • les pays dans lesquels une minorité de salariés considère que c’est important et dont ces salariés sont satisfaits du partage (Chine, Suisse, Royaume-Uni, Allemagne) : tout va bien.
  • les pays dans lesquels une majorité de salariés considère que c’est important et dont ces salariés sont satisfaits du partage (Canada, Espagne, Italie, Etats-Unis, Russie, Maroc, Brésil) : tout va TRES bien.
  • les pays dans lesquels une majorité de salariés considère que c’est important et dont ces salariés ne sont pas satisfaits du partage (France, Pologne, Finlande, Belgique) : rien ne va.
A noter : la France est le pays dans lequel l’écart entre les attentes fortes et le faible taux de satisfaction de ces attentes est le plus fort, tandis que le Brésil est le bon élève de la classe avec des attentes de partage fortes et satisfaites. Les causes de ce décalage de perception pour la France sont sûrement nombreuses. Peut-être peuvent-elles notamment être recherchées dans l’écart d’équipement en Participation et Intéressement entre grandes entreprises et TPE/PME cf : Partage de la valeur : et si c’était obligatoire ?, dans l’image de l’entreprise et du dirigeant véhiculée par le prisme réducteur des médias qui se concentrent sur un nombre limité de stars de la cote dans la visibilité qu’ils donnent des entreprises et de leurs dirigeants aux Français cf. Post sur le CAC 40, dans la présentation de l’entreprise dans les manuels scolaires de nos lycéens cf. Partage de la valeur dans les manuels scolaires, ou tout simplement dans l’acceptation de l’économie de marché et dans la vision du bonheur ? Retrouvez notre page dédiée à l’actionnariat salarié collectif.    

FAQ

Le partage équitable des profits entre salariés, dirigeants et actionnaires préoccupe-t-il beaucoup les salariés français ?

67% des salariés français affirment qu’ils attendent de leur entreprise qu’elle répartisse avec équité les profits entre salariés, dirigeants et actionnaires. De ce fait, nous pouvons en conclure que cette question préoccupe la majorité des collaborateurs français.

Les salariés français sont-ils satisfaits de la répartition des profits au sein de leur entreprise ?

Bien que l’Observatoire du Travail classe la France à la deuxième place en matière de répartition des profits, la majorité des salariés français considérant ce critère important affirment être insatisfaits des politiques appliquées au sein de leur entreprise.

Quels facteurs peuvent expliquer l’écart entre les prestations offertes et la satisfactions des salariés?

Plusieurs raisons peuvent être à l’origine de décalage de perception. L’écart d’équipement en Participation et Intéressement entre les grandes entreprises et les TPE-PME et la représentation médiatique et scolaire dans le partage de la valeur et des méthodes managériales creusent les écarts entre perception et satisfaction.

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