Pour célébrer le mois de l’actionnariat salarié aux Etats-Unis*, nous allons vous raconter « a little US story ».

Nous sommes aux Etats-Unis d’Amérique à l’époque où peu de temps après la fin de la guerre d’indépendance américaine (1775-1783), les Britanniques s’attaquent à la 4ème plus grande industrie d’exportation des colonies américaines, la pêche à la morue.

De nombreux navires, ports de pêche et entrepôts de morue sont détruits par la marine britannique. L’industrie est ravagée. Pour la relancer, le Président George Washington signe, le 16 février 1792, une loi sur la pêche à la morue créant des incitations fiscales (« tax credits ») pour les propriétaires de navires et les marins. Il s’agit de la première loi américaine (et très probablement au monde !) sur le partage des profits car pour bénéficier des avantages fiscaux proposés par l’Etat, le profit, basé sur la totalité des morues pêchées, devait être partagé avec l’ensemble de l’équipage.

Aujourd’hui, les Etats-Unis sont le pays le plus développé au monde en matière d’actionnariat salarié. Si nous faisons la comparaison entre l’Europe et les Etats-Unis par rapport au nombre d’actionnaires salariés, le retard global de notre continent demeure flagrant comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous.

« Mais la différence est moins là que dans l’incapacité de l’Europe jusqu’ici à se doter des outils efficaces propres à développer l’actionnariat salarié dans les sociétés non-cotées, dans les PME. Cela, les USA l’ont réussi.
Ils l’ont fait en mettant en place en 1974, avec une forte volonté politique et d’importants incitants fiscaux, ce qui est devenu la principale référence de l’actionnariat salarié dans le monde, le plan ESOP. Le modèle ESOP vise à transformer l’économie américaine en organisant la transmission aux salariés de 30, 50 et de préférence 100% de la propriété des entreprises »
commente Marc Mathieu, Secrétaire Général de la Fédération Européenne de l’Actionnariat Salarié (FEAS) (cf. post du 30/01/14).

En 2013 près de 36% des actionnaires salariés américains sont issus des entreprises non-cotées, ce taux est à peine de 10% en Europe.

Le Vieux Continent s’inspirera-t-il du modèle américain en renforçant les dispositifs existants, ou en introduisant l’équivalent du plan ESOP ?

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* Depuis déjà 20 ans, l’association nationale américaine de l’actionnariat salarié « ESOP Association » et ses  membres célèbrent le mois de l’actionnariat salarié (Employee Ownership Month) tous les mois d’octobre en organisant de nombreuses initiatives (tables rondes, pique-niques d’entreprise, concours…) de sensibilisation du grand public, des médias et des hommes politiques sur les avantages de l’actionnariat salarié.