Par Jérôme Dedeyan, extrait de l’article publié dans « Courtage Plus », CSCA Ile-de-France & Ouest, n° 307, août 2016

« Avant, il y avait des rapports de maître à esclave. Puis on a inventé le rapport employeur / salarié. Maintenant, nous devons inventer un nouveau type de rapports dans l’entreprise qui fasse de tous les collaborateurs des partenaires à part entière, non seulement par une gestion participative mais encore, si possible, par l’actionnariat, quel que soit le niveau de responsabilité de chacun. »

Cette citation de Rémy SCHLUMBERGER (1920-1992), le « S » de la banque NSM, donne une vision synthétique de l’association au capital et des raisons qui poussent une entreprise à proposer à ses salariés de devenir actionnaires. Synthétique et un peu idéalisée.

Le courtage d’assurances a toutes les caractéristiques du secteur d’activité pour lequel l’association de nos collaborateurs au capital peut se révéler très utile voire nécessaire. Pourquoi ?

  • Parce que le courtage est un métier de services. Et donc un métier de capital humain, concentrant expertise technique (capital intellectuel), relations avec des clients (capital commercial) et liens avec des contreparties industrielles (capital relationnel « de place »). Ce capital est précieux et doit être retenu et développé si nous souhaitons que nos entreprises
    grandissent;
  • Parce que le courtage est un métier d’entrepreneur, et qu’un entrepreneur, s’il veut éviter d’être la limite de sa propre entreprise, doit s’entourer de gens qui grandissent avec lui. Les associer au capital est une solution pour éviter qu’ils partent s’installer à leur compte;
  • Parce que le courtage est hétérogène, et que l’actionnariat salarié répond à cette hétérogénéité. Il peut en effet constituer une solution adaptée à des situations aussi variées que la transmission d’un cabinet par son fondateur partant en retraite bien méritée à un ou quelques collaborateurs, l’accompagnement d’une croissance externe financée avec l’aide d’investisseurs financiers, une transition familiale sautant une génération, ou tout simplement une envie de dynamiser une équipe et de rompre la solitude d’un patron du courtage éclairé.

Une infinie panoplie de dispositifs d’actionnariat salarié, collectifs ou ciblés, en environnement coté ou non coté, à effet immédiat ou différé, avec ou sans prise de risque financière des collaborateurs, à périmètre franco-français et à déclinaison internationale sont à la disposition des entreprises de toutes tailles et de tous secteurs pour mettre en œuvre une politique
d’actionnariat salarié adaptée à leurs objectifs. Jugezen
plutôt (liste non exhaustive) : Actions Gratuites (de performance ( /et/ou de préférence), Stock options, BSPCE, Actionnariat direct, via holding ou non, Actionnariat via FCPE ou SICAVAS dans un Plan d’Epargne d’Entreprise de Groupe ou International, avec ou sans effet de levier, abondement ou décote, BSA, OBSAR, PSAAR, SAR, Phantom Shares, sans parler des déclinaisons internationales par exemple ESOP et ESPP (Etats-Unis), SIP (Royaume-Uni).

Mais ces outils ne sont que des outils. Et pour faire réussir nos entreprises en faisant des collaborateurs des co-entrepreneurs, objectif éminemment louable, un certain nombre de règles doivent être respectées.

Cinq règles principales ont émergé après plus de 10 ans de conception et mise en œuvre de schémas d’association au capital par l’équipe d’Eres, l’actionnariat salarié étant une discipline connexe
à nos métiers d’épargne salariale et de retraite collective et individuelle. Nous avons bien entendu tenté de les appliquer en tant qu’entrepreneurs qui avons dès l’origine décidé d’associer nos collaborateurs au capital.
Ces cinq règles sont :

  • Ne pas confondre association à la performance et association au capital : un actionnaire salarié est 100% actionnaire et 100% salarié;
  • Partir de ses objectifs et non pas de la boîte à outils : une question de bon sens;
  • Objectiver la valorisation : le triangle magique du quantum;
  • Choisir les bons outils et les paramétrer efficacement : éviter la mauvaise exécution d’une bonne idée;
  • Organiser la liquidité, et gérer sa collectivité de collaborateurs actionnaires : un impératif pour extraire la valeur de son schéma !

Lire aussi :

Maître/esclave ou employeur/salarié ? La vérité sur l’actionnariat salarié.

Episode 1 : Un actionnaire salarié est 100% actionnaire… et 100% salarié !

Episode 2 : Partir de ses objectifs et non pas de la boîte à outils : une question de bon sens

Episode 3 : De la bonne utilisation de la boîte à outils

Episode 4 : Communication, risque et liquidité

Episode 5 : Un art d’exécution

Episode 6 : Assurer le suivi de la relation avec les actionnaires salariés