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Et on repart dans l’autre sens !
C’est décidé, l’année 2026 ne sera pas celle de la tranquillité. Après un mois de mars particulièrement douloureux pour les investisseurs actions, le mois d’avril s’est chargé de faire à nouveau souffler le chaud, avec un fort rebond des actifs risqués. Si le CAC 40, en hausse de 4,3 %* ou le Stoxx 600, en progression de 5,4 %* ont signé des performances honorables, les performances records sont à chercher du côté des marchés émergents, en hausse de 14,7 %*, ou des États-Unis avec le S&P 500 qui a progressé de 10,5 % sur le mois. Le Nasdaq 100, à dominante technologique, a lui grimpé de 15,7 %*. Pour ce dernier, c’est tout simplement la meilleure performance mensuelle depuis octobre 2002*.
Pétrole d’un côté…
Derrière ces performances, il ne faut pas chercher une quelconque évolution du côté du Moyen-Orient. Si on ignore la rhétorique volatile diffusée par le président des États-Unis sur les réseaux sociaux concernant la situation vis-à-vis de l’Iran, il ne s’est en fait rien passé à ce niveau. Le détroit d’Ormuz est toujours désespérément fermé à la navigation commerciale. Pire, le blocus désormais imposé par les États-Unis a mis les tankers iraniens à l’arrêt, augmentant encore le déficit de pétrole que connaît actuellement le monde. Cela fait désormais 60 jours qu’il manque plus de 10 millions de barils de pétrole par jour. Si les réserves stratégiques peuvent masquer cette réalité jusqu’à un certain point, l’absence de perspectives de normalisation a finalement poussé les investisseurs à une relative prudence sur les zones géographiques les plus exposées, au premier rang desquelles se trouve l’Europe, où les perspectives de pénurie commencent à apparaître pour le carburant d’avions ou le diesel, remettant en cause les perspectives très favorables de croissance économique espérées en début d’année.
…IA de l’autre
A l’opposé, l’excitation des investisseurs pour les marchés émergents et les États-Unis peut s’expliquer en deux lettres : IA. Au travers des investissements faramineux des grandes sociétés américaines dans les centres de données, les bénéfices des sociétés de semi-conducteurs, qu’elles soient américaines (Micron, AMD, Nvidia) ou asiatiques (SK Hynik, Samsung ou Taiwan Semiconductor Manufacturing), ont totalement explosé, au point que les révisions à la hausse des bénéfices pour l’ensemble des grandes sociétés à travers le monde n’ont tout simplement jamais été aussi positives qu’en ce moment. Nous faisons donc face à deux forces radicalement opposées : le manque de pétrole pèse de plus en plus sur la croissance économique « traditionnelle », en témoigne la croissance des services en zone euro**, la plus faible depuis 62 mois en avril. Mais de l’autre côté, les zones économiques bénéficiant des investissements colossaux dans l’intelligence artificielle bénéficient d’un vent de dos particulièrement porteur, à tel point qu’au premier trimestre, la croissance des États-Unis, normalement majoritairement tirée par la consommation, a été générée pour moitié par l’investissement. Le PIB de Taïwan a même progressé de 13,7 % sur un an à la fin du premier trimestre, sa meilleure performance depuis 1987 ! En l’absence d’une normalisation de la situation au Moyen-Orient, le fossé pourrait encore se creuser. Il est en tout cas bien difficile à l’heure actuelle de savoir laquelle de ces deux forces opposées finira par prendre le dessus.
*Source : Bloomberg, 30 avril 2026.
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