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Concentration
Pas de planification
Mais l’événement du mois s’est produit sur les marchés obligataires, avec une hausse astronomique des coûts d’endettement. Ainsi, le taux à 10 ans des États-Unis est monté de 0,53 % à 5,28 %, pour terminer à son plus haut niveau de clôture mensuelle depuis mars 2002. Le taux allemand à 10 ans a, lui, progressé de 0,26 % à 3,59 %, atteignant son plus haut niveau depuis mai 2009.
Les décisions unanimes de la FED et de la BCE de relever leurs taux directeurs n’y sont sans doute pas étrangères, de même que la publication de chiffres économiques encourageants des deux côtés de l’Atlantique.
Mais c’est surtout la pression des prix de l’énergie qui continue de se faire ressentir alors que l’absence de planification concernant le conflit en Iran devient flagrante. Si le pétrole brut transite plus facilement par le détroit d’Ormuz depuis quelques semaines, les exportations de produits tels que le diesel sont plus limitées. Alors que l’Europe a fermé 34 de ses 109 raffineries depuis le début du siècle*, sans tenir compte de l’évolution de la demande, elle se retrouve dans une situation précaire. Le diesel s’y négocie à un prix deux fois plus élevé que le pétrole brut, alors que les prix de ces deux produits sont habituellement comparables.
Absence de remise en question
En plus de ces hausses de taux liées à la situation macroéconomique, la France s’est malheureusement distinguée par ses atermoiements domestiques. Alors que le gouvernement a annoncé un budget 2027 affichant un déficit prévisionnel de 5 %, tous les partis en mesure de remporter l’élection présidentielle ont en commun de ne proposer aucune solution efficace pour ramener le déficit à un niveau soutenable dans un délai raisonnable.
Les investisseurs ont abandonné leur complaisance et ont lourdement sanctionné l’État français. Le taux d’emprunt de la France à 10 ans est ainsi monté de 0,68 % à 4,85 %, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2002.
L’écart avec le taux d’emprunt allemand, qui atteint désormais 1,26 %, soit un niveau observé uniquement au cœur de la crise des dettes souveraines du début des années 2010, interroge. La France a pourtant eu l’occasion, dans le sillage de la crise du Covid-19, alors que les taux étaient proches de 0 %, de mettre en place les réformes nécessaires pour redresser ses finances. Mais elle n’a fait que repousser la prise de décisions difficiles.
Maintenant que les taux d’emprunt remontent, l’effort budgétaire à consentir pour que la dette cesse de progresser par rapport au PIB n’en est que plus colossal : il faudrait dégager un surplus primaire** de 2,5 %, alors que nous enregistrons actuellement un déficit primaire** de 2,5 %, soit un effort budgétaire de 5 % du PIB, représentant environ 150 milliards d’euros. Et plus les réformes tarderont, plus la facture s’alourdira.
Sources : Bloomberg, 31 septembre 2026
*Source : Argusmedia.com, 31 septembre 2026
**Solde budgétaire primaire : surplus/déficit avant la prise en compte des couts de la dette
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