Commentaire des gérants au 31 mai 2024 – Spirale.

commentaire de gestion antigravite mars

Les marchés tutoient leurs plus hauts historiques

Le mois de mai fut très positif dans l’ensemble pour les actifs risqués, la plupart des grands indices boursiers faisant de nouveaux plus hauts historiques. Le CAC 40 (+1%*) a souffert de la comparaison avec les actions américaines (S&P 500 +4,1% (source : Bloomberg)) et même européennes, avec un Stoxx 600 en hausse de 3% (source : Bloomberg). Plus notable fut la bonne performance des petites capitalisations, avec un MSCI Europe Small Cap Europe en grande forme (+5,5% (source : Bloomberg)) qui lui permet de se rapprocher des grandes capitalisations sur l’année. Les marchés émergents continuent, eux, leur parcours plus contrasté (+1,4% (source : Bloomberg)), avec de nombreuses devises qui souffrent de la force du dollar américain, propulsé par des taux directeurs toujours élevés.

Les marchés obligataires face à la persistance de l’inflation…

Sur la partie obligataire, la situation est beaucoup plus contrastée, avec des taux long américains qui ont plutôt baissé sur le mois alors que leurs homologues européens ont connu un mois plus difficile. Sur l’année, leur situation est cependant très similaire, avec des performances qui restent négatives alors que le marché du crédit continue de tirer son épingle du jeu grâce à une prime de risque qui ne cesse de se compresser pour se rapprocher inexorablement de ses plus bas historiques. L’économie continuant pour l’instant à croitre modérément, c’est l’inflation qui garde les marchés obligataires en alerte alors qu’elle reste au-dessus de l’objectif des banques centrales, que ce soit en zone euro (+2,6% sur un an en mai) ou aux Etats-Unis (+3,4% sur un an en avril). Le fameux « dernier kilomètre » à parcourir pour revenir à ces 2% s’avère plus ardu qu’anticipé.

…Et à la dégradation des finances publiques

La décision de Standard & Poor’s de baisser la note de la France n’aura probablement que peu de conséquences à court terme. Les marchés étant par définition dynamiques, la dégradation continue des finances publiques en France est un phénomène déjà bien anticipé avec une dette qui atteint désormais les 3 100 milliards d’euros (Source : Insee).  Alors qu’on attend 5% de déficit budgétaire cette année et que le retour aux limites fixées par la commission européenne à 3% ne se profile qu’à horizon 2027 (source : Budget.gouv.fr), les investisseurs ne s’y trompent pas et accordent des taux de moins en moins avantageux à la France comparé à ses homologues européens. Par exemple, le taux d’emprunt à 10 ans de l’Etat français n’est plus respectivement que 0,9% et 0,3% (source : Bloomberg) en-dessous de celui de l’Italie et de l’Espagne contre 2% et 0,8% (source : Bloomberg) il y a encore cinq ans.  Ce mouvement se fait dans un cadre plus général où la discipline budgétaire est une denrée rare en zone euro, alors que même l’Allemagne commence à montrer un déficit significatif après des années de surplus. La conséquence pour ces pays risque d’être une hausse collective, toute chose égale par ailleurs, du taux auquel elles peuvent financer leur endettement excessif, augmentant la spirale négative d’une dette toujours plus difficile à maitriser. La tentation d’utiliser l’inflation pour diminuer la valeur réelle de la dette voire la dévaluation risque de revenir sur le devant de la scène dans les années ou décennies à venir, si rien ne change.

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