Elvire, lycéenne de classe de première, décrit son expérience d’une approche européenne des retraites dans le cadre du Model European Parliament sur www.partageduprofit.com

Peu de personnes connaissent le Model European Parliament (MEP) en France. Comme son nom l’indique, le MEP est une réplique du parlement européen destinée aux jeunes. Ainsi deux fois par an cinq représentants de seize à dix-huit ans de tous les pays d’Europe se retrouvent afin d’écrire puis de voter des résolutions dans le but de les soumettre aux 766 parlementaires de Strasbourg. J’ai eu la chance de vivre cette expérience unique en avril 2014 lors de la session qui se tenait à Vienne en Autriche.

Mais pour moi, le MEP a commencé dès 2013! En effet, cet événement nécessite une grande préparation non seulement des organisateurs mais également des participants. Chaque délégation doit répartir ses membres dans cinq comités différents. Personnellement, étant en section économique, j’ai choisi de faire partie du comité « Employment and social affairs II » qui traitait de la compétitivité de la force de travail européenne notamment concernant l’emploi des personnes âgées mais également des retraites et du système d’aide sociale. Je devais donc maîtriser ce sujet avant de me rendre sur place car nous disposons d’assez peu de temps pour débattre c’est pourquoi chacun doit être familiarisé avec le thème de sa commission dès le commencement des réunions. Lors de mes recherches, www.partageduprofit.com a été d’une grande aide notamment grâce à la diversité des sujets abordés toujours dans le thème général de ma commission! C’est donc bien préparée que j’ai pu me rendre au MEP, sereine et avide d’utiliser mes nouvelles connaissances de façon concrète!

Nous avons eu douze heures pour écrire une résolution qui prenne en compte le point de vue de chacun des seize membres du comité. Il a fallu faire des compromis, tenir ses positions mais aussi se laisser convaincre… Finalement nous sommes parvenus à rédiger seize clauses qui satisfaisaient tout le monde. Certaines n’étaient même pas débattues car elles paraissaient évidentes. Par exemple concernant le système des retraites nous nous sommes accordés tous à encourager les pays de l’Union Européenne à mettre en place un système par capitalisation accompagné d’une retraite minimum financée par l’impôt qui permettrait à chacun de vivre au-dessus du seuil de pauvreté. A l’inverse, il a fallu débattre pendant de longues minutes pour que chacun accepte que l’on suggère aux Etats membres de mettre fin au fait que des gens soient virés dès qu’ils atteignent l’âge de la retraite. En effet, une partie du comité pensait que cela entraverait les droits des employeurs. Or cette clause n’est là que pour permettre à chacun de travailler s’il le souhaite et si un employeur veut licencier un de ses travailleurs âgés, il lui faudra présenter une raison valable ce qui semble juste. J’ajouterai que l’une des choses qui m’a plu dans notre comité c’est que nous avons cherché des solutions nouvelles et non simplement encouragé des principes déjà existants! Par exemple concernant l’âge de départ à la retraite nous avons proposé de le définir par rapport à l’espérance de vie de chaque individu. Ainsi par exemple tous les enfants nés en France en 2011 devraient travailler jusqu’à leurs 69 ans de manière à ce qu’il leur reste 15% potentiels à vivre (sachant que ces 15% potentiels ont tendance à augmenter avec le temps). Cela éviterait aux Etats de faire des réformes permanentes afin d’augmenter l’âge de la retraite ce qui est très impopulaire!

Malheureusement, nous avons été victimes de cette impopularité! Lors de l’assemblée générale qui a eu lieu dans l’enceinte du parlement autrichien, notre résolution n’a pas été votée. Je garde cependant un excellent souvenir de cette semaine qui était très enrichissante aussi bien intellectuellement qu’humainement! Et j’espère que d’ici que j’atteigne l’âge de la retraite, les choses auront bougé dans le bon sens.

Elvire