L’OCDE a publié en décembre dernier la nouvelle édition de son étude sur les retraites : « Pension markets in focus », qui s’intéresse non seulement à la taille des régimes de retraite par capitalisation des pays de l’Organisation, mais aussi à leur rendement et à la structure de leurs investissements. Décryptage.

Décryptage du marché des fonds de pension en 2013

Marché des fonds de pension

En 2013, le marché des fonds de pension est évalué par l’OCDE à 36 000 milliards de dollars (+ 12% par rapport à 2012). Les seuls Etats-Unis en représentent plus de la moitié (63%).

Quant au marché français, il est évalué par l’OCDE à 271 milliards de dollars en incluant les contrats d’assurance retraite collective et individuelle. Il est important de noter que ce chiffre ne se limite qu’aux produits d’épargne retraite « pure » alors que, comme l’a déjà montré l’Observatoire des Retraites Européennes Eres, ceux-ci ne représentent qu’une partie de l’épargne retraite dans la mesure où d’autres placements sont aussi utilisés pour cet objectif, mais pas en totalité (cf. post du 15/12/14).

Rendements des fonds de pension

Malgré l’Incertitude entourant les perspectives de l’économie mondiale et la volatilité des marchés financiers, les fonds de pension dans presque tous les pays de l’OCDE atteignent des performances moyennes positives en 2013 (moyenne de 4,7%).

Les Etats-Unis sont en tête du classement avec un rendement positif de 11,7%.

Les deux seuls pays qui enregistrent des rendements négatifs en 2013 sont le Mexique (-1,5%) et le Danemark (-4,6%).

Richesse des fonds de pension

En % du PIB, les fonds de pension représentent en moyenne pondérée 84,2%, contre 77,1% en 2012.

En 2013, les cinq pays dont le ratio dépasse les 100% sont les Pays-Bas (166,3%), l’Islande (148,7%), la Suisse (119%), l’Australie (103,3%) et le Royaume- Uni (100,7%).

En France, les fonds de pension stricto sensu ne représentent que 0,4% du PIB, mais l’épargne retraite collective est ailleurs, dans les contrats d’assurance (articles 83, articles 39, …). Ceux-ci représentent 13% du PIB en 2013, ce qui est toujours très faible. Et même en ajoutant l’épargne retraite individuelle, le chiffre total de l’épargne retraite en France s’élève à 700 milliards d’euros (cf. post du 15/12/14) soit 34% du PIB environ, mais on est encore loin des estimations de l’Observatoire des Retraites Européennes Eres selon lequel il faudrait entre 1 et 2 fois le PIB en actifs d’épargne retraite par capitalisation (selon la situation des régimes par répartition) pour assurer un taux de remplacement suffisant sans obliger les seniors à travailler.

Structure des investissements des fonds de pension

En 2013, dans la plupart des pays de l’OCDE, les obligations et les actions sont restées les deux classes d’actifs d’investissement privilégiées (21 pays de l’OCDE ont investi plus de 70 % de leur portefeuille dans ces deux classes d’actifs).

En 2013, les Etats-Unis sont le pays où les fonds de pension investissent le plus dans les actions (49,5% du total des investissements), suivis par l’Australie (49,1% du total des investissements) et le Chili (42,1 % du total des investissements).

En France, les fonds de pensions n’existent pas en tant que tel. Le régime juridique n’existe pas et ce qui s’apparente le plus aux fonds de pensions sont :

  • soit les fameuses retraites chapeaux, sous forme de contrat d’assurance à prestations définies (c’est-à-dire avec un engagement sur le montant de rente versée). Les actifs sont alors investis majoritairement en fonds en €uros, c’est-à-dire en obligations d’Etat et d’entreprise.
  • soit les contrats d’assurance retraite à cotisations définies de type article 83 qui historiquement ont été investis en fonds en €uros et qui commencent à s’ouvrir aux multi supports c’est-à-dire à d’autres formules de placement non garanties.
  • soit les plans d’épargne retraite d’entreprise (PERCO).

Répartition des actifs des régimes de retraite collectifs

Les contrats à prestations définies (équivalents à l’article 39) sont les plus développés dans des pays comme l’Allemagne, la Suisse ou encore la Finlande où ils représentent 100% des actifs des régimes de retraites collectifs. Ceux à cotisations définies (équivalents à l’article 83 ou le PERCO) sont en revanche les plus répandus en République Tchèque, en Slovénie, ou en Hongrie (100% des actifs sont issus des régimes à cotisations définies. Ils sont aussi très développés en France : 95% des actifs sont issues des régimes à cotisations définies contre 5% des contrats à prestations définies.