Certains font parfois la confusion entre investissement solidaire et investissement socialement responsable (ISR), un rappel s’impose.

L’ISR est une technique de gestion qui consiste à sélectionner les valeurs selon des critères financiers et extra-financiers. Ces derniers peuvent être écologiques (E), sociaux (S) et/ou de gouvernance (G). Les gérants ISR appliquent donc un filtre supplémentaire pour ne garder que des entreprises qui prennent en compte ces critères ESG. Au-delà de l’idée générale, la mise en oeuvre concrète varie énormément d’une société de gestion à l’autre comme l’a montré la dernière édition de notre Argus des FCPE. Certains gérants excluent des secteurs d’activité, d’autres n’excluent que les moins bons dans chaque secteur, d’autres retiennent ceux qui progressent le plus, … D’autre part il est très difficile de se faire une idée précise de la méthode utilisée avec les éléments fournis par les gérants car ceux-ci communiquent rarement les réponses aux questions suivantes :

  • quelle part des entreprises est exclue avec les critères extra financiers : 20% ? 80%?
  • quel est le poids des critères extra financiers par rapport aux critères financiers dans la note globale ?
  • quel est le poids relatif entre le E (environnemental), le S (social), le G (gouvernance)
  • quelle est la note ESG attribuée aux entreprises sélectionnées ?

Tout le monde est d’accord sur la démarche qui consiste à sélectionner des entreprises qui ont une démarche RSE (responsabilité sociétale des entreprises) mais comment s’assurer que la sélection de valeurs correspond à sa propre vision du socialement responsable, surtout qu’un nombre infime de gérants acceptent de publier les valeurs sélectionnées.

L’investissement solidaire n’a rien à voir avec l’ISR puisqu’il consiste à financer l’économie solidaire. L’économie solidaire regroupe associations, coopératives, mutuelles, fondations et entreprises solidaires et fonctionne sur 4 grands principes : lucrativité limitée et non individuelle, gouvernance démocratique (1 homme, 1 voix), finalité d’intérêt général ou collectif, ancrage territorial et mobilisation citoyenne. Concrètement les investissements solidaires sont faits dans des entreprises solidaires (agrées par la préfecture), des projets d’insertion emploi, de logement social, de micro-crédit et associatifs. Attention l’investissement solidaire n’est pas un don, c’est un financement à taux préférentiel voire nul. On ne doit pas perdre d’argent, mais on n’est pas là pour en gagner non plus.  On peut investir de différentes façons dans le solidaire (livret, assurance vie, OPCVM, micro prêts solidaires), la façon la plus diversifiée étant d’acheter des parts de fonds solidaires. Attention car les fonds solidaires ne sont pas investis à 100% en solidaire, seuls 5 à 10% des encours sont investis dans l’économie solidaire, les 90 à 95% restants sont investis « normalement ».

Rien à voir donc entre solidaire et ISR. Mais pourtant la confusion existe parfois entre les deux notamment en épargne salariale où les fonds solidaires sont obligatoires et où certains gérants font la promotion active de l’ISR.

Soyez vigilants, les deux notions doivent rester bien étanches même si certains fonds solidaires peuvent aussi être ISR.