Skip links
Commentaire des gérants 30 novembre 2024

Tout savoir sur le plafond PEE et ses avantages en 2026

Temps de lecture 5mn

Le Plan d’Épargne Entreprise (PEE) peut permettre aux salariés de se constituer une épargne dans des conditions intéressantes. Pour en profiter pleinement, il est important de comprendre ses règles, notamment celles liées aux plafonds de versements et d’abondement. Ce sont ces normes qui fixent les limites d’utilisation du contrat. Zoom sur le plafond du PEE et tous les avantages de cette épargne salariale (à la fois pour le salarié et pour l’entreprise). 

Qu’est-ce qu’un PEE ?

Le Plan d’Épargne Entreprise, ou PEE, est un dispositif proposé par certaines entreprises pour permettre à leurs salariés (et parfois aussi les dirigeants) de mettre de l’argent de côté. Le tout, dans un cadre fiscal avantageux.

Concrètement, vous placez des sommes sur ce plan, qu’il s’agisse de votre salaire, de primes issues de la participation, de prime de partage de la valeur ou de l’intéressement, ou encore d’un abondement de votre employeur. Ces sommes sont ensuite investies dans des supports financiers (fonds communs, actions de l’entreprise, etc.) pendant une durée minimale de 5 ans.

Bon à savoir : Votre argent est bloqué durant cette période (hors cas spécifiques).

Pourquoi des plafonds sur le PEE ?

Le PEE est soumis à deux principaux plafonds :

  1. Le plafond sur les versements volontaires (soit la limite de versement PEE imposée au salarié).
  2. Le plafond sur l’abondement de l’employeur

Instaurés par le gouvernement, ces plafonds assurent, dans un premier temps, que le PEE reste un outil collectif plutôt que de devenir un dispositif réservé aux hauts revenus. 

Sans limites, un salarié très bien payé pourrait placer des sommes conséquentes sur son PEE, bénéficier d’abondements importants de l’entreprise et donc profiter d’avantages fiscaux qui suivent cette logique également.

Le fait d’instituer des plafonds à la fois sur les versements volontaires et sur l’abondement de l’employeur évite de faire du PEE un produit d’optimisation destiné à une minorité.

Vous souhaitez en savoir plus sur le Plan d’Epargne Entreprise ?

Découvrez notre page d'information dédiée aux dispositifs de partage du profit.

Les plafonds du PEE en 2026

Plafonds de versement volontaire et d’abondement

Chaque salarié peut effectuer des versements volontaires sur son PEE, dans la limite de 25 % de sa rémunération brute annuelle. Le règlement du plan peut par ailleurs prévoir un minimum annuel de 160 €. Ainsi, pour un salaire brut de 40 000 €, le versement personnel ne pourra pas dépasser 10 000 €.

L’entreprise peut compléter ces versements via l’abondement, encadré par deux règles cumulatives. D’une part, il ne peut pas dépasser 3 fois le montant versé par le salarié. D’autre part, il est plafonné à 3 844,80 € par an (ou 6 920,64 € lorsqu’il sert à acquérir des actions ou certificats de l’entreprise).

En pratique, si un salarié verse 1 000 €, l’entreprise peut abonder jusqu’à 3 000 €, soit trois fois sa mise. Ce montant restant inférieur au plafond légal, il est pleinement autorisé. En revanche, pour un versement de 3 000 €, l’abondement théoriquement possible s’élèverait à 9 000 €, mais le plafond légal ramène ce maximum à 3 844,80 € (en l’absence d’acquisition de titre de l’entreprise).

BON À SAVOIR

Normalement, vos versements volontaires dans le PEE sont limités à 25 % de votre salaire brut annuel. Cela étant, il existe une exception. Si les versements servent à alimenter un FCPE de reprise (et sont donc spécifiquement dédiés à racheter l’entreprise par les salariés), alors ce plafond passe à 100 % de votre rémunération brute annuelle.

Comparaison avec les années précédentes

Le plafond des versements volontaires du salarié (fixé à 25 % de sa rémunération brute annuelle) n’a pas évolué entre 2018 et 2026. De la même manière, le taux minimum de l’abondement reste à 300 % des versements de l’employé. En revanche, son plafond a progressé au fil des années, étant donné qu’il est indexé au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS) comme vous pouvez le voir à travers le tableau ci-dessous. 


Globalement, entre 2018 et 2025, le PASS a augmenté d’environ 18 %, ce qui a permis d’élever proportionnellement les plafonds d’abondement du PEE.

AnnéeMontant du PASSAbondement standard (8 % du PASS)Majoration (1,8 x 8 % du PASS avec les actions)
201839 732 €3 178 €5 720 €
201940 524 €3 242 €5 835 €
202041 136 €3 291 €5 924 €
202141 136 €3 291 €5 924 €
202241 136 €3 291 €5 924 €
202343 992 €3 519 €6 334 €
202446 368 €3 709 €6 676 €
202547 100 €3 768 €6 782 €

Cas particuliers : fonction publique, temps partiel, alternance

Selon le Code du travail (L. 3332-1 à L. 3332-28), tous les salariés, qu’ils soient en CDI, CDD, à temps plein ou à temps partiel, sont éligibles au PEE sans distinction (sauf conditions d’ancienneté fixées par l’accord). Les alternants (apprentis, contrats pro) entrent donc aussi dans la catégorie générale des « salariés ».

En revanche, le PEE est un dispositif prévu par le Code du travail. Il s’adresse donc uniquement aux salariés du secteur privé (et par extension, à certains dirigeants de petites entreprises et conjoints collaborateurs). 

Cela signifie que les fonctionnaires (État, territorial, hospitalier) ne peuvent pas bénéficier d’un PEE, car ils ne sont pas soumis au Code du travail, mais au statut général de la fonction publique. Ils peuvent, néanmoins, profiter d’autres dispositifs comme les primes indemnitaires, par exemple (bien qu’elles n’aient pas le même cadre fiscal et social).  

Il en est de même pour les stagiaires – l’absence de contrat de travail leur supprime l’accès à ce dispositif.

Avantages fiscaux et cadre réglementaire du PEE

Quels sont les avantages fiscaux du PEE ?

Les sommes que vous placez dans le PEE (intéressement, prime de partage de la valeur participation, versements volontaires, abondement de l’employeur) ne sont pas imposées à l’impôt sur le revenu, tant qu’elles restent bloquées dans le plan pendant 5 ans. En revanche, elles doivent supporter les prélèvements sociaux (18,6 % sur les gains).

Lorsque l’entreprise complète vos versements avec un abondement, ce complément n’est pas considéré comme un salaire. Il est donc exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales (ce qui est fiscalement plus intéressant qu’une prime classique). 

Enfin, les plus-values réalisées sur les placements dans le PEE (actions, fonds, obligations, etc.) ne sont pas imposables à l’impôt sur le revenu à la sortie, tant que les sommes ont respecté la période de blocage (5 ans). Seuls les prélèvements sociaux restent dus.

Optimiser fiscalement son PEE

Pour optimiser votre PEE au maximum, versez au moins le montant qui permet de déclencher l’abondement. Ce dernier est exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations (hors CSG/CRDS) et peut aller jusqu’à 300 % de vos versements. 

Si vous touchez une prime de participation ou d’intéressement, vous avez deux choix :

  1. La percevoir immédiatement. Dans ce cas, elle est imposable.
  2. La placer dans le PEE et profiter d’une exonération d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux).

Idéalement, privilégiez toujours le versement dans le PEE, sauf si vous avez un besoin urgent de liquidités.

Règles sociales à connaître

Il est important de souligner que l’argent versé sur un PEE est en principe bloqué pendant 5 ans. Toutefois, la loi prévoit une liste précise de cas de déblocage anticipé autorisés (art. R. 3332-16 du Code du travail) :

BON À SAVOIR

Vous pouvez transférer vos avoirs d’un PEE à un autre PEE (par exemple si vous changez d’entreprise). Le transfert ne constitue pas un retrait, il n’y a donc aucune imposition. Dans ce cas, les sommes conservent leur antériorité fiscale. Les 5 ans déjà courus sont pris en compte dans le nouveau plan.

PEE en entreprise : mise en place, gestion et impact RH

Comment une entreprise gère-t-elle le plafond PEE ?

L’entreprise est libre de fixer le plafond annuel d’abondement applicable à son PEE tant qu’il respecte la limite légale (8 % du PASS et 3 fois la mise du salarié). Une fois ce montant arrêté, il doit être précisé dans le règlement du plan et être communiqué clairement à tous les bénéficiaires.

Notez que le suivi des plafonds est assuré par le teneur de compte, qui bloque les versements excédentaires et garantit la conformité fiscale et sociale du dispositif (sauf règle complexe ou règle  calculée par l’entreprise).

Lien entre PEE, intéressement et participation

Les primes d’intéressement et de participation peuvent être directement placées dans le PEE. Elles sont alors exonérées d’impôt sur le revenu (hors prélèvements sociaux) si elles respectent les règles d’indisponibilité. Contrairement aux versements volontaires, ces primes n’entrent pas dans le plafond des 25 % de la rémunération annuelle. Elles comptent seulement pour le calcul de l’abondement de l’employeur.

Engagement et fidélisation des salariés

Le PEE peut s’inscrire dans la politique RH de l’entreprise. Le proposer compte certains avantages : 

  • Le contrat valorise l’entreprise face au candidat. 
  • Puisque l’abondement de l’employeur n’est accessible qu’aux salariés en poste, le PEE crée une dynamique d’engagement durable : chaque année supplémentaire est une nouvelle opportunité de bénéficier de cet avantage exclusif.
  • Enfin, c’est un élément fort de redistribution de la valeur (ce qui renforce l’image de l’entreprise en interne comme en externe).

Investir dans son PEE : options et stratégie à long terme

PEE multisupport : que choisir ?

Dans un PEE, l’épargne est placée sur différents supports financiers, accessibles par le biais de fonds communs de placement d’entreprise (FCPE) 

Cliquez sur un fonds pour en savoir plus

Risque & Performance
Sécurisé Dynamique

Pour choisir entre ces supports, faites le point sur votre profil de risque avec votre conseiller Eres.

Suivre et optimiser son PEE dans le temps

Une fois votre répartition faite, pensez toujours à suivre votre épargne en PEE. Si cela est nécessaire, n’hésitez pas à réaliser des arbitrages entre les fonds et à surveiller vos performances de près pour limiter les risques. 

Comment les PME peuvent-elles adapter les plafonds pour mieux fidéliser

Adapter les plafonds à la politique sociale de l’entreprise

Le PEE n’est pas réservé qu’aux grandes entreprises. Bien au contraire, les PME pourraient elles aussi s’en servir pour lever RH en proposant, par exemple, un contrat avec abondement supérieur à la moyenne, dans la limite des plafonds légaux. 

L’occasion d’attirer les nouveaux talents, de fidéliser les salariés existants et de renforcer l’image de la marque au passage.

Vers un plafond PEE « à la carte » ?

Aujourd’hui, le Code du travail (art. L3332-12) impose que les règles d’abondement soient générales et non discriminatoires. L’employeur peut moduler selon des critères objectifs (ancienneté, catégorie professionnelle), mais jamais en fonction des performances individuelles ni de la rémunération.

On peut donc imaginer un abondement « progressif » (plus généreux après plusieurs années d’ancienneté), mais pas un plafond individualisé au mérite. Autrement dit, le « PEE à la carte » peut exister, à condition qu’il privilégie toujours l’équité collective.

Plafond du PEE : les réponses à vos questions

Oui. Les plafonds du PEE (1/4 de la rémunération pour les versements volontaires, abondement limité à 8 % du PASS) sont indépendants de ceux du PERECO. Un salarié peut donc utiliser les deux dispositifs sans que les plafonds se cumulent entre eux.

Le PEE est normalement bloqué 5 ans, mais un retrait anticipé est possible dans certains cas prévus par la loi : 

  • Mariage ou conclusion d’un PACS ;
  • Naissance ou adoption d’un 3 ᵉ enfant (et suivants).
  • Divorce, séparation ou dissolution de PACS, avec garde d’au moins un enfant.
  • Acquisition ou construction de la résidence principale.
  • Agrandissement de la résidence principale.
  • Remise en état de la résidence principale après catastrophe naturelle reconnue.
  • Rupture du contrat de travail.
  • Création ou reprise d’entreprise par le salarié, son conjoint ou partenaire de PACS.
  • Invalidité du salarié, de son conjoint ou de ses enfants.
  • Décès du salarié, de son conjoint ou partenaire de PACS.
  • Surendettement, sur décision de la commission compétente.
  • Rénovation énergétique de la résidence principale.
  • Situation de violence conjugale.
  • Exercice d’une activité de proche aidant.
  • Achat d’un véhicule propre.
  • .
En cas de rupture du contrat de travail (démission, licenciement, départ en retraite...), le salarié peut choisir de débloquer ses avoirs ou de les laisser investis jusqu'à l'échéance des 5 ans. Dans tous les cas, les sommes restent acquises : l'entreprise ne peut pas les récupérer.

Vous avez des questions ? Contactez-nous !

Connexion à votre espace

Bienvenue dans votre espace personnel Eres, indiquez-nous quel est votre profil.