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Les primes collectives et l’actionnariat salarié progressent, mais le poids dans les bénéfices reste modeste, selon l’édition 2025 du Baromètre du Partage du Profit, réalisé par Eres.
Des primes qui grimpent au rythme des résultats record
Le secteur bancaire et assurantiel traverse une période particulièrement favorable. Portées par la remontée des taux d’intérêt, la reprise économique post-Covid et la bonne tenue des marchés financiers, les grandes banques et compagnies d’assurance affichent des bilans historiques.
En 2024, BNP Paribas a dégagé un bénéfice net de 10,2 milliards d’euros, en hausse par rapport à l’exercice précédent. Crédit Agricole a enregistré 8,3 milliards, tandis qu’AXA a dépassé les 7 milliards. Ces résultats traduisent non seulement la solidité structurelle du secteur, mais aussi sa capacité à capter les opportunités conjoncturelles.
Cette bonne santé financière se reflète dans les dispositifs de partage de la valeur. En moyenne, les salariés des groupes bancaires et assurantiels du SBF120 ont perçu 6 006 € de primes épargne salariale (participation, intéressement, abondement) en 2024, contre 5 623 € en 2023 et 4 938 € en 2021. La hausse dépasse les 20 % en trois ans.
Ces chiffres illustrent un double mouvement : d’une part, l’augmentation mécanique des primes grâce aux bons résultats ; d’autre part, une volonté affirmée des entreprises d’investir dans la fidélisation des équipes, dans un contexte de marché de l’emploi compétitif où l’attraction et la rétention des talents sont devenues stratégiques.
Les champions du partage dans le secteur
Si la moyenne sectorielle est en hausse, certains groupes se démarquent nettement par la générosité de leurs dispositifs.
Crédit Agricole se hisse au premier rang avec 9 982 € de prime collective en moyenne par salarié, dont un intéressement record moyen de 5 779 € par salarié et un abondement moyen de 1 601 € par salarié. Cette politique traduit une stratégie de long terme : valoriser la performance collective, mais aussi encourager l’épargne et l’investissement des collaborateurs.
COFACE suit de près, avec plus de 9 200 € de prime collective en moyenne par salarié. Bien que les détails sur la ventilation entre participation, intéressement et abondement soient moins publics, le montant total témoigne d’un engagement fort en faveur du partage de la valeur.
BNP Paribas complète ce podium, avec 7 683 € de prime collective en moyenne par salarié, répartis de manière équilibrée entre participation (3 556 €) et intéressement (3 951 €). Cette constance dans le temps reflète une politique RH stable, moins dépendante des variations conjoncturelles.
Ces montants élevés ne sont pas le fruit du hasard. Ils reposent sur des indicateurs de performance précis (résultat net, rentabilité des capitaux propres, croissance commerciale) et sur des mécanismes d’abondement attractifs qui dopent l’épargne salariale des collaborateurs.
L’actionnariat salarié, un marqueur identitaire
Au-delà des primes collectives, le secteur bancaire et assurantiel se distingue par une culture profondément ancrée de l’actionnariat salarié.
La Société Générale illustre parfaitement cette tendance : 12 % de son capital est détenu par ses collaborateurs, un chiffre exceptionnel dans le paysage français et européen. Cette proportion élevée est le résultat d’une politique active : opérations régulières d’augmentation de capital réservées aux salariés, décotes sur le prix des actions, abondements parfois supérieurs à 100 % de la mise initiale.
D’autres acteurs suivent cette voie, comme AXA ou BNP Paribas (jusqu’à 2012) qui organisent chaque année ou tous les deux ans des campagnes de souscription interne. Le principe est simple : offrir aux salariés l’opportunité d’investir dans l’entreprise dans des conditions préférentielles.
Les avantages sont doubles : d’un côté, les collaborateurs bénéficient d’un potentiel de rendement supérieur (dividendes + plus-values) ; de l’autre, l’entreprise renforce la fidélisation et l’alignement des intérêts.
Cette culture actionnariale dépasse le simple geste financier. Elle participe à la construction d’un sentiment d’appartenance fort, où chaque salarié devient aussi un acteur de la performance boursière et un garant, à son échelle, de la stratégie de long terme.
Un poids dans les bénéfices encore faible
Cependant, un constat vient nuancer cette dynamique positive. Selon l’indice EquiProfit, créé par Eres, les banques et assureurs ne reversent en moyenne que 2 % de leur résultat net en primes collectives. À titre de comparaison, la moyenne de l’ensemble du SBF120 s’établit à 6 %.
Cela signifie que si les montants distribués sont élevés en valeur absolue, c’est principalement parce que les profits sont eux-mêmes très élevés. En proportion, la redistribution reste plus faible que dans d’autres secteurs.
Dans un contexte où la rentabilité est à un sommet historique, cette donnée soulève une question : le secteur bancaire et assurantiel pourrait-il aller plus loin dans le partage de ses bénéfices ? Pour de nombreux observateurs, la réponse est oui, et l’alignement sur la moyenne nationale constituerait un signal fort.
Le prochain défi : devenir exemplaire en équité
Le secteur est déjà leader sur plusieurs fronts : montants moyens par salarié, abondements généreux, culture d’actionnariat salarié développée. Mais il reste un cap à franchir : celui de la proportion.
Augmenter la part des bénéfices reversée permettrait non seulement de réduire l’écart avec la moyenne nationale, mais aussi de renforcer la marque employeur. Dans un marché de l’emploi où les jeunes talents, notamment dans la finance, recherchent un employeur engagé et responsable, ce serait un atout différenciant.
De plus, en période de résultats exceptionnels, redistribuer une part plus importante des bénéfices ne fragiliserait pas la solidité financière des groupes. Au contraire, cela consoliderait leur image sociale, renforcerait la motivation interne et, potentiellement, améliorerait leur performance à long terme par une plus grande cohésion interne.
Le secteur bancaire et assurantiel traverse une période dorée. Les primes collectives augmentent, l’actionnariat salarié s’affirme comme une force culturelle, et les salariés bénéficient directement de cette prospérité. Mais derrière ces chiffres flatteurs, un potentiel reste inexploité : la proportion des bénéfices reversée.
Eres vous accompagne dans la mise en place des dispositifs d’actionnariat salarié, véritables moteurs pour la performance collective. Ces dispositifs sont comme des fondations solides pour vos collaborateurs et votre organisation, apportant des avantages durables et renforçant la structure de votre entreprise.
