Découvrez notre commentaire de gestion qui présente l’essentiel des marchés financiers.

L’épidémie concentrée dans la seule province chinoise de Hubei s’est finalement transformée en pandémie, touchant l’ensemble des pays de la planète. L’arrivée du virus Covid-19 en Italie, et la multiplication des cas en Europe ont fait plonger les bourses mondiales. La forte contagiosité, la rapide propagation et la dangerosité du virus, frappant tout type de personne, ont amené les Etats à prendre des mesures exceptionnelles de confinement face à cette crise sanitaire sans précédent. Fin mars, on notait près de 4 milliards d’individus confinés à travers le monde, témoignant de la violence du choc que fait subir aux économies le virus. Choc d’offre dans un 1er temps, avec la fermeture des usines et un arrêt de la production, choc sur la demande ensuite, avec une forte baisse de la consommation (ménages et entreprises) et la fermeture de nombreux points de vente. Cette crise est bien différente des précédentes (dettes souveraines en 2011, faillite de Lehman en 2008, bulle technologique du début des années 2000), dans la mesure où nous assistons à un arrêt quasi-total de l’activité, et touchant petit à petit tous les continents.

Des Banques centrales réactives

Cette fois-ci, les Banques centrales ont agi vite et fort, prenant conscience de l’extrême urgence et de la gravité de la situation. Elles ont multiplié les annonces ces dernières semaines, afin de tenter de rassurer les marchés, soutenir les économies et permettre l’accès au crédit. Le mot d’ordre : un soutien inconditionnel, par tous les moyens à disposition et de manière illimitée ! Baisse des taux (ramenés à 0% aux Etats-Unis), achats illimités d’obligations, facilités de crédit aux entreprises, injection massive de liquidités sur le marché monétaire, voire achats d’actions en direct sur les marchés. Les montants cumulés s’expriment en milliers de milliards…

Des Etats également en soutien

Si les réactions des Etats ont tardé, on assiste depuis quelques semaines à des annonces de plans de soutien aux économies aux ordres de grandeur exceptionnels. L’Allemagne, dont la rigueur budgétaire a longtemps été source de critiques parmi ses voisins européens, a été l’un des premiers pays à dégainer un plan de 750 milliards d’euros pour atténuer l’impact de l’épidémie. En France, un plan de 45 milliards a été annoncé, mais sera très probablement revu à la hausse. D’autres mesures ont été successivement annoncées comme le report des charges sociales et fiscales, la suspension des loyers, la préparation d’un vaste plan de chômage partiel. Outre-Atlantique, les Etats-Unis sont également en train de préparer un gigantesque plan de soutien à l’économie, le plus grand plan de relance de toute leur histoire (2 000 milliards de dollars), avec des aides aux entreprises d’une part, mais également une aide financière directe aux familles américaines.

Mais une cohésion européenne encore perfectible

La proposition italienne (soutenue par la France) de mutualiser la dette européenne sous la forme de « Coronabonds » s’est vue opposer une fin de non de recevoir non seulement de la part de la chancelière allemande Angela Merkel, mais également du côté des autorités hollandaises. Angela Merkel a rappelé au passage l’existence du MES, un fonds de secours justement créé pour soutenir les Etats membres en cas de crise en zone euro.

Les impacts sur les marchés

Les marchés financiers ont été percutés de plein fouet, occasionnant de lourdes et rapides pertes sur l’ensemble des actifs. Les marchés actions, plus volatils par nature, ont lourdement chuté. Le CAC 40 a cédé près de 40% en 3 semaines, l’équivalent des pertes lors la crise des subprimes…sur un an ! Les obligations d’entreprises ont également été pénalisées souffrant de problème de liquidité et de craintes de défaut de remboursement. Côté pétrole, l’effondrement de la demande et la guerre des prix entre la Russie et l’Arabie Saoudite ont fait plonger le baril autour des 22 dollars (-55% en mars), entrainant dans son sillage l’ensemble des matières premières. Les premières victimes pourraient être certaines compagnies américaines opérant dans le gaz de schiste, dont le coût de revient est pour la plupart bien supérieur au prix actuel du baril.

Les marchés resteront très volatils tant que les populations resteront confinées. La volatilité perdurera par la suite, car les dégâts sur l’économie sont difficilement quantifiables aujourd’hui, mais on sait d’ores et déjà qu’ils seront considérables. La création de monnaie de la part des Banques centrales, et l’aggravation des dettes publiques à des niveaux records, auront également des répercussions encore inconnues mais dont on peut craindre quelques effets pervers (hyperinflation, nouvelle crise de dettes souveraines…).

Eres gestion

Dans les circonstances particulières et inédites que nous vivons, l’équipe de gestion continue d’œuvrer quotidiennement au suivi des investissements réalisés. Nous sommes en contact permanent avec les sociétés de gestion, certaines profitent en ce moment même d’opportunités sur les obligations financières, d’autres renforcent leurs convictions sur des valeurs en portefeuille aux bilans solides. Si les incertitudes sont encore nombreuses, l’épidémie aura une fin. Nos gestions ont non seulement une forte capacité de rebond, mais nous avons également une marge de manœuvre pour réinvestir lorsque la visibilité sera meilleure (renforcement des actions ou de fonds obligataires à fort rendement, cash disponible dans les fonds sélectionnés voué à être investi sur les marchés, capacité de certaines gestions flexibles sélectionnées à se réexposer davantage aux actions).