Commentaire de gestion : 2022, une année éprouvante…2023 vers plus de sérénité ?

Découvrez le commentaire de gestion réalisé par l’équipe Eres, pour présenter l’essentiel des marchés financiers du mois écoulé.

Une année 2022 éprouvante pour les investisseurs

A chaque année son lot de surprises, 2022 aura été marquée cette fois par le déclenchement d’une nouvelle guerre sur le continent européen, avec l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes le 24 février. Malgré un soutien économique et militaire des européens et américains en faveur de l’Ukraine et la mise en place de sanctions d’une ampleur inédite contre la Russie, aucun accord de paix n’aura été trouvé au cours de l’année.

Ce conflit a mis en lumière la forte bipolarisation du monde, avec d’un côté le bloc occidental aux soutiens des démocraties, et de l’autre côté, des régimes autoritaires qui se tiennent à l’écart du conflit.

Explosion de l’inflation

La réouverture des économies post-covid avait déjà entrainé des premiers signaux de tension sur les prix des matières premières. Le conflit ukrainien et la politique 0 Covid en Chine auront fait flamber les prix de l’énergie et de l’ensemble des matières premières et agricoles au cours du premier semestre. Face à l’augmentation des coûts de production, les entreprises ont répercuté la hausse sur les prix des biens à la consommation et des services. Les chiffres d’inflation se sont emballés de part et d’autre de l’Atlantique.

Plus dépendante énergétiquement, la zone euro, a ainsi connu une inflation à plus de 10% au cours de l’année, une première depuis la mise en place de l’euro ! Même son de cloche aux Etats-Unis, où les prix ont tutoyé les 10% de progression sur un an.

Changement de ton des banques centrales, fin de l’argent gratuit :  un vent de face pour les marchés

Afin de lutter contre une inflation galopante (et jugée transitoire en 2021), les banques centrales ont durci le ton, procédant à de multiples hausses de taux tout au long de l’année, parfois de forte ampleur et en prenant les investisseurs à contre-pied. La sanction a été immédiate pour les marchés financiers, avec une chute historique des marchés obligataires et une correction significative des marchés actions.

Eclatement de la bulle technologique et des secteurs controversés qui profitent du contexte

Les perdants

Les fleurons de la technologie américaine ont été malmenés au cours de l’année, accusant de lourdes pertes : Meta (ex-Facebook) -64%, Tesla -61%, Netflix -51%, Amazon -50% et dans une moindre mesure Microsoft -28% et Apple -26%. La chute a été encore plus rude pour d’autres sociétés du secteur, non rentables, dont les espérances de forte croissance future avaient propulsé les valorisations à des niveaux élevés ces dernières années. La hausse des taux vient changer la donne : ces entreprises qui financent leur croissance par de l’endettement vont se heurter à des coûts de refinancement élevés voire des refus de financement.

Euphorie terminée également sur le marché des cryptomonnaies, entaché de plusieurs scandales au cours de l’année, et rappelant la nécessité de régulation pour éviter les dérives.

Les gagnants

Dans une ère où la finance se veut de plus en plus responsable, que ce soit par l’intégration de critères extra-financiers dans la sélection des entreprises, par la progression du nombre de fonds labellisés (Label ISR, label vert Greenfin…), où par la mise en place de réglementation imposant plus de transparence sur les investissements durables, 2022 aura fait la part belle aux secteurs pour lesquels on s’y attendait le moins : le pétrole et gaz, l’armement et l’industrie du tabac ! Les grandes compagnies pétrolières ont réalisé des profits record profitant du contexte énergétique et géopolitique. TotalEnergies (4ème pondération du CAC 40) a ainsi vu son cours grimper de près de 40% sur l’année, Shell et British Petroleum, cotées sur le marché londonien, ont bondi de près de 50%, et Exxon Mobil réalise un gain de 87% aux Etats-Unis. Sur les vingt plus fortes progressions du S&P 500 (indice boursier américain), quinze sont des entreprises évoluant dans le secteur pétrole et gaz. Pour les gérants actifs et de convictions, l’absence ou la sous-pondération de cette thématique dans les portefeuilles expliquent en grande partie les écarts observés par rapport aux indices boursiers.

L’autre gagnant de l’année est le billet vert. L’année aura été marquée par une forte appréciation du dollar contre l’ensemble des autres devises. Après être revenue à parité avec l’euro au cours de l’année, la paire euro/dollar termine l’année à 1,06 soit une hausse de 6% du dollar.

Du côté des matières premières, après un premier semestre marqué par une flambée de l’ensemble des cours, les prix sont nettement redescendus en deuxième partie de l’année, sur fond de ralentissement de l’économie mondiale et craintes de récession. Le pétrole termine toutefois l’année en hausse de plus de 10%, à 85,91 dollars le baril.

Performances 2022 des marchés financiers

performances 2022 des marchés financiers

Sources : Eres gestion, Morningstar. Performances des indices de marché en 2022, en devises de libellé et dividendes réinvestis. Liste des indices utilisés : Euronext Paris CAC PME NR EUR, FTSE EPRA Nareit Eurozone NR EUR, NASDAQ 100 NR USD, MSCI China NR USD, JPM EMU 7-10 TR EUR, Markit iBoxx EUR Corp AAA TR, Baril de Brent. Les performances passées ne présagent pas des performances futures et ne sont pas constantes dans le temps.

Perspectives

Si un bon bout de chemin semble avoir été effectué du côté des banques centrales, le resserrement monétaire ne semble pas encore terminé. L’inflation devrait toutefois décélérer, sous l’effet notamment d’effet de base moins important (prix élevés sur 2022), et d’une activité qui pourrait marquer le pas au cours du premier semestre.

Normalisation des valorisations sur les marchés actions, retour à des rendements attractifs sur les marchés obligataires, l’année 2023 démarrera sur des niveaux de valorisation plus confortables. Après une année noire en 2022.

Les incertitudes restent nombreuses : impact de la hausse de taux sur les entreprises et les ménages, craintes sur le marché immobilier, conflit en Ukraine, inflation. Les politiques monétaires des banques centrales seront scrutées de près et les décisions prises déterminantes pour rassurer ou au contraire stresser les marchés.

Regardez le dernier épisode de la Fabrique des fonds by Eres gestion.

NB : Tout investissement présente un risque de perte en capital. Les performances passées ne constituent pas un indicateur fiable quant aux performances futures de vos investissements. Les performances ne sont pas constantes dans le temps.

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