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Retraites : le rapport du COR confirme l’urgence de changer de paradigme

Temps de lecture 5mn

Le 13e rapport du Conseil d’orientation pour les retraites et les nouvelles projections démographiques de l’Insee dressent un tableau sans équivoque. Mais pendant que le débat public tourne en rond, les Français, eux, agissent. Analyse de Mathieu Chauvin, Président-Directeur Général d’Eres.

Un déficit structurel qui ne peut plus être ignoré

Le 13e rapport du Conseil d’orientation pour les retraites (COR) vient de paraître. Son diagnostic est sans appel : le déficit du système de retraites passerait de 0,1 % du PIB aujourd’hui à 0,9 % en 2045, puis à 2,4 % en 2070. Soit un point de plus que ce que le COR anticipait dans son précédent rapport.
 
En parallèle, l’Insee publie des projections démographiques qui viennent aggraver le tableau : le taux de fécondité tomberait à 1,45 enfant par femme dès 2028, et la France perdrait plus de 3 millions d’habitants d’ici à 2070.
 
Ces chiffres ne sont pas des abstractions. Ils dessinent les contours d’un système par répartition sous pression croissante, et posent une question que le débat public ne peut plus éluder : comment financer notre modèle social dans les décennies à venir ?

L'âge de départ : un levier insuffisant

Pour résorber le déficit, le COR avance une hypothèse : porter l’âge de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070. Cette piste, aussi prévisible que contestée, illustre les limites d’une réflexion cantonnée au seul pilier par répartition.
 
Car pendant que le débat politique se focalise sur l’âge de départ, à 300 jours de l’élection présidentielle, les Français ont déjà commencé à agir. 

Les Français ont compris : ils épargnent

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 12,9 millions de Français détiennent aujourd’hui un Plan d’Épargne Retraite (PER). Sur la seule année 2025, les encours ont progressé de 20 %.
 
Ce n’est pas un phénomène de mode, c’est un signal fort. Les Français ne sont pas opposés à l’idée de construire eux-mêmes une partie de leur retraite. Ils n’attendent pas qu’on leur explique que le système par répartition est en danger, ils le savent. Ce qu’ils attendent, c’est d’être accompagnés pour prendre leur part de responsabilité.

Le vrai chantier : démocratiser l'accès à l'épargne retraite

Un angle mort demeure, et il est considérable. Des millions de salariés de TPE et PME n’ont accès à aucun dispositif d’épargne salariale ou retraite collective.
 
La loi Partage de la valeur a constitué un premier pas. Mais sa mise en œuvre effective dans les entreprises de 11 à 49 salariés est encore loin d’être acquise. Et elle ne traite pas le sort des salariés des TPE de moins de 10 salariés, largement sous-équipées.
 
Démocratiser l’accès à l’épargne retraite, c’est apporter une réponse concrète au défi démographique qui se présente à nous. Changer de paradigme ne signifie pas abandonner la répartition. Cela exige de cesser de traiter l’épargne longue comme un tabou dans le financement de notre modèle de retraite.

Notre conviction

Depuis 20 ans, Eres s'engage pour que l'épargne retraite collective ne soit plus le privilège des grandes entreprises.

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De toutes tailles, dans la mise en place de dispositifs adaptés, accessibles et efficaces.

Le PER est une solution concrète. Il reste insuffisamment déployé là où l'enjeu est le plus fort.

Important à savoir : L’investissement en épargne salariale ou retraite est un placement long terme. Il existe un risque de perte en capital et les rendements ne sont pas garantis. Les conditions de déblocage sont réglementairement limitées. Les performances passées ne présagent pas des performances futures.

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