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L’épargne personnelle ne se résume pas à mettre de l’argent de côté. Elle permet de faire face aux imprévus, de financer vos projets, de préparer votre retraite ou encore de transmettre un capital. Encore faut-il choisir les placements adaptés à vos objectifs, à votre horizon de placement et à votre niveau de risque.
Livret A, assurance-vie, PER, PEA, SCPI… Découvrez les grandes familles de l’épargne personnelle, les caractéristiques des principaux produits, leur fiscalité et les points de vigilance à connaître. Ce guide vous aide à construire une stratégie d’épargne claire, progressive et adaptée à chaque étape de votre vie.
Comprendre les bases de l’épargne personnelle
C’est quoi l’épargne personnelle ?
L’épargne personnelle est la part du revenu n’étant pas affectée à la consommation personnelle. Cette épargne est mise de côté pour :
- faire face aux imprévus ;
- concrétiser un projet ;
- servir d’apport dans le cadre de l’achat de la résidence principale ;
- préparer l’avenir comme la retraite ;
- financer les études supérieures des enfants…
Cela nécessite de définir le montant à investir et de choisir le placement le plus adapté à l’objectif poursuivi. L’épargne personnelle se distingue ainsi de l’épargne salariale et de l’épargne retraite collective.
Comment fonctionne l’épargne personnelle ?
Le fonctionnement de l’épargne personnelle se décompose en trois étapes :
- la phase de constitution : l’épargnant effectue des versements réguliers sur des supports adaptés, comme les livrets, l’assurance-vie, le PER, comptes-titres… ;
- la phase de valorisation : l’épargne évolue selon les supports choisis, grâce aux intérêts, aux revenus ou aux éventuelles plus-values. Ces performances ne sont pas garanties pour les supports présentant un risque.
- la phase de mobilisation : l’épargnant effectue des retraits partiels ou totaux. La fiscalité dépend du produit détenu et peut s’appliquer lors des retraits, de la perception des revenus ou, pour certains placements, selon des modalités spécifiques.
Les trois grandes familles d’épargne personnelle
1) L’épargne de précaution
L’AMF recommande généralement de constituer une épargne de précaution équivalant à deux ou trois mois de revenus. Cette réserve doit rester garantie, disponible rapidement et accessible sans frais, afin de faire face aux dépenses imprévues.
Cette épargne de précaution doit être liquide, c’est-à-dire rapidement disponible. Il est donc recommandé de la placer sur des supports sûrs et facilement accessibles, comme des livrets d’épargne, qu’ils soient réglementés (livret A, LDDS) ou non réglementés.
2) L’épargne pour des projets de vie à moyen terme
Certains produits d’épargne sont plus adaptés que d’autres pour financer des projets à moyen terme :
- le compte à terme (CAT), qui offre un taux fixé à l’avance en échange d’un blocage des fonds ;
- les livrets bancaires non réglementés, plus flexibles mais à taux variable ;
- les plans d’épargne logement (PEL) et comptes épargne logement (CEL), qui peuvent contribuer au financement d’un projet immobilier. Le fonctionnement diffère toutefois selon le produit : les fonds du CEL restent disponibles à tout moment, tandis qu’un retrait anticipé sur un PEL entraîne sa clôture.
3) L’épargne de long terme
Pour préparer sa retraite ou transmettre un capital, plusieurs solutions d’épargne peuvent être mobilisées :
Le plan d’épargne retraite (PER)
Les versements volontaires peuvent être déduits du revenu imposable, dans la limite du plafond applicable et sous certaines conditions. Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans restent possibles, mais ne sont plus déductibles. En contrepartie, l’épargne est en principe indisponible jusqu’à la retraite, sauf dans les cas de déblocage anticipé prévus par la loi.
L’assurance-vie
L’assurance-vie permet d’effectuer des rachats à tout moment, selon les conditions du contrat. Après huit ans, les gains retirés bénéficient notamment d’un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. L’assurance-vie bénéficie également d’un régime spécifique en matière de transmission, dont les modalités dépendent notamment de l’âge de l’assuré, de la clause bénéficiaire et des montants transmis.
Le plan d’épargne en actions (PEA)
Le plan d’épargne en actions (PEA) permet d’investir, sous conditions, dans des titres éligibles, notamment des actions de sociétés établies dans l’Union européenne ou dans l’Espace économique européen, ainsi que dans certains fonds investis majoritairement dans ces titres. Après cinq ans à compter du premier versement, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux. Le plafond des versements sur un PEA classique est de 150 000 €.
Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier)
Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) permettent d’investir indirectement dans l’immobilier locatif. La société de gestion perçoit les loyers et peut en redistribuer une partie aux associés sous forme de revenus. Ces revenus, comme le rendement et le capital investi, ne sont pas garantis.
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Tour d’horizon des produits et supports d’épargne personnelle
Les produits réglementés
Les livrets réglementés offrent une épargne disponible et exonérée d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Les modalités d’accès, de rémunération et de garantie diffèrent toutefois selon les produits. Les taux du livret A, du LDDS et du LEP sont fixés par les pouvoirs publics. Le taux du livret jeune est fixé par la banque, sans pouvoir être inférieur à celui du livret A.
Leur rémunération, leurs plafonds et leurs conditions d’accès sont fixés par la réglementation et peuvent évoluer. Il est donc recommandé de vérifier ces informations au moment de l’ouverture ou de la consultation du produit.
Parmi les principaux livrets réglementés :
- Le livret A est accessible à toute personne physique. Il peut servir à constituer une épargne de précaution ou à financer des projets à court terme.
- Le livret de développement durable et solidaire (LDDS) est réservé aux personnes fiscalement domiciliées en France. Il complète généralement le livret A lorsque celui-ci est déjà suffisamment alimenté.
- Le livret d’épargne populaire (LEP) s’adresse aux personnes respectant certaines conditions de revenus. Sa rémunération est généralement plus attractive que celle des autres livrets réglementés, mais son accès est soumis à l’éligibilité du titulaire.
- Le livret jeune est réservé aux personnes âgées de 12 à 25 ans. Son taux est librement fixé par chaque banque, mais ne peut pas être inférieur à celui du livret A.
Ces livrets sont particulièrement adaptés à l’épargne de précaution, car ils permettent de conserver une réserve disponible et sécurisée. En revanche, leur plafond de versement peut limiter leur utilisation pour des montants importants ou des objectifs de long terme.
Les produits bancaires classiques
Les produits bancaires classiques sont des placements non réglementés, mais sécurisés, proposés par les établissements financiers.
- Les comptes sur livret, ou livrets bancaires non réglementés, sont proposés selon des conditions librement définies par chaque banque. Leur taux peut être fixe ou révisable, et les offres promotionnelles sont souvent limitées dans le temps. Les fonds restent généralement disponibles, selon les modalités prévues par le contrat.
- Le compte à terme offre une rémunération connue à l’avance en contrepartie d’une durée de placement déterminée. Un retrait anticipé peut entraîner des pénalités prévues au contrat. Les intérêts des produits bancaires imposables sont soumis à la fiscalité en vigueur.
Point d’attention : les intérêts générés par les produits bancaires classiques sont soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux.
L’épargne salariale
L’épargne personnelle et l’épargne salariale ne s’opposent pas : elles sont complémentaires et permettent de se constituer une épargne de différentes manières.
L’épargne salariale dépend en partie de la politique de l’employeur, mais le salarié peut également l’alimenter lui-même, notamment via des versements volontaires sur un plan d’épargne d’entreprise (PEE) ou sur un plan d’épargne retraite d’entreprise collectif (PERECO ou PERCOL). Le PER d’entreprise collectif a remplacé le Perco, qui ne peut plus être mis en place depuis le 1er octobre 2020. Les Perco existants peuvent toutefois continuer à fonctionner.
Lorsque le règlement du plan le prévoit, les versements du salarié peuvent être complétés par un abondement de l’employeur. Celui-ci peut atteindre trois fois le montant versé par le salarié, dans la limite des plafonds réglementaires applicables.
Les sommes investies sur un PEE sont en principe indisponibles pendant cinq ans. Celles placées sur un PER d’entreprise collectif sont en principe bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi. Les conditions de disponibilité et de déblocage diffèrent selon le dispositif.
Adapter son épargne à son profil et ses objectifs
Épargner selon votre situation personnelle
La stratégie d’épargne évolue au fil de la vie, en fonction de vos revenus, de vos projets et de votre situation personnelle. Voici quelques repères pour vous guider :
- Entre 20 et 30 ans (entrée dans la vie active). Les premiers revenus permettent de se constituer une épargne de précaution, généralement équivalente à plusieurs mois de dépenses, souvent deux à trois mois selon les recommandations de l’AMF. Les livrets d’épargne (livret A, LDDS…) sont adaptés pour cette réserve disponible à tout moment. C’est aussi une période propice pour commencer à investir progressivement, par exemple via un PEA ou une assurance-vie, afin de se familiariser avec les marchés et “prendre date”.
- Entre 30 et 40 ans. Les projets se concrétisent (achat immobilier, vie de famille). L’épargne peut être orientée vers des objectifs précis : constitution d’un apport, financement des études des enfants ou préparation de projets à moyen terme. L’assurance-vie reste un support flexible pour répondre à ces besoins.
- À partir de 40 ans. La préparation de la retraite prend généralement plus d’importance à cette étape de la vie, même si elle peut être anticipée dès les premières années d’activité. Des dispositifs comme le PER ou l’épargne salariale permettent de se constituer progressivement un capital. La diversification des placements (immobilier indirect, par exemple) peut également être envisagée.
- À partir de 50 ans. L’objectif est progressivement de sécuriser le capital constitué. Il peut également être pertinent d’optimiser sa fiscalité, notamment via certains dispositifs d’épargne retraite ou d’investissement.
Arbitrer entre rendement, risque et disponibilité
Choisir un placement consiste à trouver un équilibre entre trois critères : le rendement potentiel, le niveau de risque et la disponibilité des fonds. Un rendement potentiel plus élevé s’accompagne généralement d’un risque accru, mais le niveau de liquidité dépend également du produit choisi et de ses conditions de fonctionnement.
Pour effectuer les bons choix, l’épargnant doit donc déterminer son horizon de placement (court, moyen ou long terme) avec la nécessité ou non de devoir récupérer en urgence les fonds, ainsi que son appétence au risque. Il va ainsi pouvoir répartir son épargne, entre des supports sécurisés, comme les livrets et les fonds en euros, et des supports plus dynamiques, comme les actions.
Astuce : l’AMF met à disposition un outil pédagogique pour aider les épargnants à mieux définir leur profil d’investisseur. Les catégories utilisées sont notamment prudent, équilibré et dynamique. »
Comprendre la fiscalité de l’épargne
Impôts et prélèvements sociaux sur l’épargne
En 2026, pour la plupart des revenus et plus-values mobiliers, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) s’élève à 31,4 %. Il comprend 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Certains produits, comme l’assurance-vie, le PEL et le CEL, relèvent toutefois de règles spécifiques. Une option globale pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu peut être exercée dans les conditions prévues par la réglementation.
Certains produits d’épargne en sont totalement exonérés, comme le livret A, le LDDS ou encore le LEP.
D’autres placements bénéficient d’une fiscalité allégée sous conditions de durée de détention, notamment :
- Le PEA : après cinq ans à compter du premier versement, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu, mais restent soumis aux prélèvements sociaux.
- L’assurance-vie : seuls les gains compris dans les sommes retirées sont imposables. Après huit ans, un abattement annuel s’applique sur les gains retirés, à hauteur de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune. Au-delà de cet abattement, le taux d’impôt sur le revenu est généralement de 7,5 % pour la fraction correspondant à des primes n’excédant pas 150 000 €, et de 12,8 % au-delà. Les gains d’assurance-vie restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux.
Optimiser la fiscalité de son épargne
Voici 4 astuces, pour optimiser la fiscalité de son épargne :
- Privilégier les placements offrant une exonération ou un abattement après quelques années de détention, comme l’assurance-vie ou le PEA.
- Diversifier son épargne entre plusieurs classes d’actifs, selon son horizon de placement et son niveau de risque, afin de limiter la concentration sur un seul support. La diversification ne supprime toutefois pas le risque de perte en capital.
- Planifier les retraits. Ainsi, en assurance-vie, effectuer des rachats partiels après 8 ans sur plusieurs années maximise l’abattement annuel.
- Comparer le PFU et l’option globale pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu en fonction de sa situation fiscale. Cette option peut être intéressante dans certains cas, mais elle doit être appréciée au regard de l’ensemble des revenus et placements concernés.
Les bonnes pratiques pour structurer son épargne
Définir ses objectifs et son horizon de placement
Mettre en place une épargne régulière
Diversifier en fonction de sa situation
Examiner les placements au-delà de leur rendement passé
Ajuster régulièrement ses choix
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Épargne personnelle : les réponses à vos questions
L’AMF recommande généralement de prévoir l’équivalent de deux à trois mois de revenus. Cette réserve doit rester disponible rapidement et être placée sur un support sans risque de perte en capital, comme un livret réglementé.
Les livrets réglementés, comme le livret A, le LDDS ou le LEP si vous y êtes éligible, sont adaptés à l’épargne de précaution. Les fonds restent disponibles et les intérêts sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Les taux et plafonds doivent toutefois être vérifiés au moment de la consultation.
Oui. L’assurance-vie permet d’effectuer un rachat partiel ou total à tout moment, selon les conditions prévues par le contrat. Seule la part de gains comprise dans le montant retiré est imposable. Après huit ans, un abattement annuel peut s’appliquer, à hauteur de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune.
En principe, oui. L’épargne versée sur un PER est indisponible jusqu’à la retraite. Des cas de déblocage anticipé sont toutefois prévus par la loi, notamment l’acquisition de la résidence principale, l’invalidité, le surendettement ou l’expiration des droits à l’assurance chômage.
L’épargne personnelle est constituée à titre individuel, avec les revenus de l’épargnant. L’épargne salariale repose sur des dispositifs proposés dans le cadre professionnel, comme le PEE ou le PER d’entreprise collectif. Elle peut être alimentée par des versements du salarié et complétée par un abondement de l’employeur, si le règlement du plan le prévoit.
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