Selon la dernière lettre de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF, les encours des OPCVM à formule, qui sont essentiellement souscrits par les ménages, baissent considérablement depuis 2009. Pourquoi ? Quelles sont les solutions alternatives pour votre épargne salariale ?

Selon les chiffres de l’Autorité des Marchés Financiers (AMF), entre mi-2009 et fin 2012, les encours des OPCVM à formule sont passés de 80 milliards d’euros à 47 milliards d’euros (soit une baisse de plus de 41%). L’AMF explique cette situation de déclin des fonds à formule en partie par le développement de produits structurés concurrents, comme les obligations structurées (de type EMTN), et d’une plus faible demande de la part des particuliers.

Au début de l’année, nous vous avons présenté une analyse des fonds garantis qui ont fleuri ces derniers temps dans les propositions des banques pour la gestion de l’épargne salariale des PEE et PERCO des salariés. Et il s’est avéré que les fonds profilés de type diversifiés « prudents » (1) tels qu’ERES DNCA Eurose peuvent avoir des performances financières bien meilleures que celles de ces fonds à formule offrant des garanties du capital investi (cf. « Fonds à capital protégé ou fonds prudents: that is the question ! »). Six mois plus tard, le constat reste le même (cf. graphique ci-dessous).

Vous vous demandez pourquoi ? Tout simplement parce que pour garantir à tout moment X% de sa plus haute valeur liquidative jamais atteinte, le Fonds , en cas de baisse des marchés actions dans lesquels il est investi largement à son lancement pour tenter « d’attraper » de la performance, est obligé de « se monétariser », c’est-à-dire de vendre ses actifs risqués, moteur de performance, pour acheter des actifs non risqués et à la rentabilité nulle. Ainsi, à la première baisse significative, le fonds est durablement investi sans rendement, et les salariés ne verront jamais la couleur de la performance. Sur la durée, c’est gênant, surtout si les équipes commerciales de la banque continuent à le vendre sur sa promesse initiale alors que la monétarisation a déjà eu lieu, au moins partiellement, voire le proposent dans le PERCO comme support de préparation de sa retraite !

Sur une période d’observation de 2 ans  (de 2010 à 2012), la performance du fonds ERES DNCA Eurose a été largement supérieure à celle du taux « sans risque » : l’indice de référence Eonia Capitalisé.

En revanche, sur la même période, les performances des fonds à capital protégé : Amundi Protect 90, Impact ISR Protection 90, Parvest Step 90, sont, quant à elles, négatives et le seront durablement puisqu’ils sont désormais majoritairement investis en actifs non risqués et sans rendement, sans possibilité de retour sur les marchés actions, pour tenir leur garantie !

Ces performances favorables aux fonds prudents s’expliquent par :

  • un profil rendement/risque intéressant car ces fonds sont investis en actions de façon limitée et opportuniste en fonction des conditions de marché : quand les marchés ont baissé, ils peuvent, à la différence des fonds garantis, revenir dessus. A l’inverse, ils savent eux aussi prendre leurs plus-values après une hausse.  Par ailleurs, plutôt que des produits monétaires sans rendement, ils sont investis largement en obligations d’entreprises de maturité courte à moyen terme.
  • la régularité de leur collecte permet de lisser les investissements et de  profiter pleinement des rebonds.
  • leur diversification des placements qui réduit le risque.

Alors, fonds à capital protégé ou fonds prudents ? Notre choix est fait.

(1) Un fonds diversifié « prudent » est parfaitement adapté à 2 ans et plus.