Selon les résultats de la 24e étude annuelle sur la performance des sociétés américaines avec des plans d’actionnariat salarié ESOP (Employee Stock Ownership Plan), elles sont toujours en très bonne santé économique.

Réalisée pendant l’été 2015 auprès des membres de l’Association ESOP, l’enquête de la Fédération de l’Actionnariat Salarié révèle qu’en 2014 :

  • 72% des entreprises américaines (65% en 2013) avec des plans d’actionnariat salarié ESOP ont enregistré une meilleure performance économique que l’année précédente ;
  • 78% (70% un an plus tôt) ont vu leur chiffre d’affaires en hausse par rapport à 2013 ;
  • Près de 70% (64% en 2013) ont enregistré une meilleure rentabilité financière que l’année précédente.

En plus :

  • 93% des entreprises interrogées ont souligné que l’ouverture du capital à leurs salariés a été une bonne décision managériale ayant des effets très bénéfiques pour l’entreprise. Notons que depuis 16 ans ce chiffre est toujours supérieur à 85%.
  • 83% des répondants ont déclaré que la valeur de l’action de leur entreprise (établie par un expert indépendant) a augmenté en 2014.

L’Europe et les USA : des chemins différents voire opposés pour le développement de l’actionnariat salarié

Contrairement à l’Europe qui a plutôt développé des dispositifs conçus pour les grandes entreprises cotées en bourse, les Etats-Unis ont privilégié, avec la création en 1974 du plan ESOP, les mécanismes permettant le développement de l’actionnariat salarié dans les entreprises non-cotées et dans les PME.

A titre de comparaison, si en 2014 près de 36% des actionnaires salariés américains (soit 10 millions) sont issus des entreprises non cotées, ce taux est à peine de 11% en Europe (1 million d’actionnaires salariés dans les entreprises européennes non cotées selon les estimations de la Fédération Européenne de l’Actionnariat Salarié (FEAS)).

Par ailleurs, les entreprises américaines non cotées qui proposent un plan d’actionnariat salarié collectif sont 3 fois plus nombreuses qu’en Europe : 33% des sociétés non-cotées aux Etats-Unis proposent un plan d’actionnariat salarié à l’ensemble de leurs collaborateurs contre 11% en Europe.

Le Royaume-Uni encourage de plus en plus, par de nouvelles incitations fiscales, la reprise d’entreprises par des trusts d’actionnariat salarié (employee ownership trusts (EOT)), inspirés du modèle ESOP. Ainsi, depuis le 6 avril 2014, les actions cédées à un EOT bénéficient d’une exonération totale des plus-values. Et depuis le mois d’octobre 2014, les primes versées aux salariés des sociétés détenues par un EOT, sont exonérées d’impôt sur le revenu (dans la limite d’un plafond annuel de £ 3,600 par employé).

Le Vieux Continent s’inspirera-t-il du modèle américain en introduisant l’équivalent du plan ESOP devenu aujourd’hui la principale référence de l’actionnariat salarié dans le monde ?