Le taux de remplacement (indicateur de la perte de revenu instantanée que subissent les individus lorsqu’ils passent de l’activité à la retraite) diminue au fil des générations, dans le public comme dans le privé, pour les hommes comme pour les femmes. Il est passé de 80% à 75% entre les générations 1936 et 1946 (avec une carrière complète), d’après les derniers calculs de la Drees.

Dans son étude sur le taux de remplacement, publiée en juillet dernier, la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques) indique que les retraités de droit direct de la génération 1946 (ayant effectué une carrière complète) perçoivent 75% de leur dernier salaire (taux médian). Dix ans plus tôt (génération 1936), ce taux était de 80% !

La dispersion du taux actuel est marquée. Ainsi, 10 % des retraités (avec une carrière complète) perçoivent une pension correspondant à moins de 58,2% de leur salaire net moyen de fin de carrière, tandis que 10 % d’entre eux reçoivent une pension supérieure à 93,4 % de leur salaire net moyen de fin de carrière.

La baisse généralisée du taux de remplacement servi par les régimes de retraite publics a conduit plusieurs pays, des Etats-Unis à la Nouvelle-Zélande, en passant par l’Italie ou le Royaume-Uni, à mettre en place de nouveaux dispositifs permettant la généralisation de l’épargne retraite par capitalisation. Les pays cités ont fait le choix d’adopter l’auto-enrolment, système qui oblige les entreprises à cotiser pour leurs salariés dans un régime de retraite privé à cotisations ou à prestations définies. Les salariés ont d’ailleurs le droit de sortir du dispositif  (opt-out) (cf. Observatoire des Retraites Européennes Eres : quand l’auto-enrolment contribue à la généralisation de l’épargne retraite par capitalisation dans le monde).

Pour compenser la baisse inéluctable du taux de remplacement qui atteindra à terme 40% dans tous les pays européens dont la France (source : Observatoire des Retraites Européennes Eres), il est très probable qu’à l’avenir, les pouvoirs publics français s’inspirent des bonnes pratiques à l’étranger et adoptent le système d’auto-enrolment en rendant le PERCO obligatoire par exemple.

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