L’édition 2015 de l’étude « Les revenus et le patrimoine des ménages» réalisée par l’INSEE souligne que les Français ont délaissé les actions au profit de l’assurance vie. Ainsi, entre 2010 et 2015, la part des Français détenant une assurance vie est passée de 34,7% à 36,5%. En même temps, la détention de valeurs mobilières (actions, obligations…) a fortement reculé : 19,3% en 2010 contre 16,5% en 2015.

Selon l’étude annuelle de l’INSEE, après les livrets d’épargne, dont le taux de détention des Français s’élève à 86%, l’assurance vie reste le placement privilégié des ménages : 36,5% des Français en possèdent au moins une. La progression de ce type de contrat est moins marquée qu’entre 2004 et 2010 (+ 8,5 points), mais elle reste significative : +1,8 points entre 2010 et 2015.

Par ailleurs, deux tiers des assurances vie sont des contrats dits « mono-support », ne permettant l’investissement que sur des fonds en euros garantis qui sont d’ailleurs loin de faire rêver aujourd’hui.  De plus, 54% des contrats multi-supports contiennent au plus un tiers d’investissements en actions. Ces chiffres sont stables depuis 2010, malgré la baisse importante des fonds en euros, qui suivent les tendances des taux longs des marchés.

Les valeurs mobilières sont délaissées

En 2004, un quart des ménages détenait des valeurs mobilières ; ils ne sont plus qu’un sur six début 2015 (16,5 %). Ce repli a été plus important entre 2004 et 2010 mais il s’est poursuivi de 2010 à 2015 (– 4,9 points puis – 2,8 points). A partir de 2008, les crises financière et économique ont probablement conduit les ménages à délaisser les valeurs risquées.

Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que la dernière crise financière a totalement déstructuré l’échelle des risques et tous les investisseurs ne sont pas encore pleinement conscients de cette nouvelle réalité économique. Les fonds monétaires ne rapportent plus rien et ont même des performances négatives (cf. « Argus des FCPE » Eres). Les placements réputés sans risque (monétaire, assurance vie…) sont devenus des placements risqués sans taux (cf. « Taux sans risque = Risque sans taux »).

En ce qui concerne les autres composantes du patrimoine des ménages :

  • l’épargne retraite (y compris le PERP), détenue par 14,4% des ménages en 2015, poursuit sa progression (+2,1 points par rapport à 2010).
  • l’épargne salariale, détenue par 14,2% des Français, a baissé légèrement (-0,6 point par rapport à 2010).

Au niveau du patrimoine immobilier, début 2015, près de 60 % des ménages sont propriétaires de leur résidence principale (+ 0,9 point par rapport à 2010). La détention de patrimoine immobilier augmente avec l’âge, mais depuis 2010, c’est chez les jeunes ménages qu’elle a le plus augmenté : + 2,9 points pour les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans, + 3,1 points pour ceux dont la personne de référence est trentenaire.

Au final, les stratégies de constitution de patrimoine des ménages dépendent non seulement des évolutions de la conjoncture économique, mais aussi de facteurs individuels liés à leur éducation financière, ressources, préférences et anticipations.

S’agissant de culture financière, est-t-elle au rendez-vous chez les Français ?

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