Ce post reprend les chiffres publiés par PROXINVEST dans son rapport sur la rémunération versée en 2010 aux dirigeants des sociétés cotées du SBF 250 et par l’ECGS dans son rapport sur « The remuneration of CEOs in Europe »

Le premier enseignement de l’étude est que les écarts de rémunération se creusent en 2010 entre les très grandes entreprises (SBF120) et les autres entreprise cotées (SBF250),

  • les rémunérations des patrons du CAC40 sont très élevées en valeur absolue (4,1 millions d’euros) et en très forte hausse : +34%
  • celles des patrons des 80 entreprises qui suivent le CAC40 sont deux fois moins élevées : 2 millions d’euros mais aussi en très forte hausse +31%
  • alors que celles des patrons des valeurs moyennes sont nettement plus faibles à 511 000 euros et en baisse de 17%.

Le deuxième porte sur les grandes disparités en Europe puisque « la rémunération totale moyenne des présidents exécutifs français rentrant dans le périmètre de cette étude ECGS n’atteint que

  • 50% de la rémunération des collègues britanniques,
  • 70% de leurs collègues italiens,
  • 80% de leurs voisins espagnols, suisses ou allemands,
  • mais ils gagnent 16% plus que leurs voisins néerlandais, belges ou irlandais
  • et 150 % de plus que leurs homologues scandinaves. »

Proxinvest regrette que  « ces chiffres sous-évaluent toutefois la rémunération totale puisqu’ils n’incluent pas le complément de retraite sur-complémentaire dont ils bénéficient presque tous sans informer sur leur coût pour l’entreprise. » Ceci rejoint le recommandation N°2012-02 de l’AMF qui demande aux entreprises de « publier une information complète sur les droits potentiels ouverts à titre individuel intégrant les modalités de détermination et de calcul des prestations de retraite pour chaque bénéficiaire (période et montant du salaire de référence, droits potentiels annuels en termes de pourcentage de la rémunération de référence, cumul des droits potentiels annuels atteints en fin de période, plafond des droits potentiels, condition d’ancienneté et de présence requise dans l’entreprise) ». Rappelons toutefois que la retraite chapeau n’est pas un chèque en blanc et qu’elle n’est due que si le dirigeant est encore en poste dans l’entreprise lorsqu’il part en retraite. L’AMF va plus loin en demandant « de présenter de manière détaillée dans le document de référence les dispositions relatives aux indemnités de départ prévues pour chaque dirigeant mandataire social et de préciser les modalités de versement de ces indemnités ».

Nous sommes d’accord sur la nécessité de présenter la rémunération globale des dirigeants, notamment les retraites chapeaux, mais néanmoins sur la transparence absolue, nous sommes plus dubitatifs car il nous semble que l’inflation des rémunérations des patrons des très grandes entreprises a démarré lorsque les rémunérations sont apparues dans les rapports annuels. Comme si le fait de rendre l’information publique avait incité certains dirigeants à se comparer et à demander plus…

 

Créée en 1995 et détenue majoritairement par Pierre-Henri Leroy, Proxinvest est la première agence française d’analyse de gouvernance et de politique de vote.