Quand cela se passe bien, l’actionnariat salarié est vraiment un outil puissant de réconciliation du capital et du travail

Le cas est plaisant et mérite d’être rapporté : il y a quelques années nous avons participé à une augmentation de capital réservée aux quelques centaines de salariés d’une PME industrielle cédée par un grand groupe coté à des fonds d’investissement. A l’époque, la création du FCPE d’actionnariat salarié avait donné lieu à des échanges musclés avec les organisations syndicales, très réticentes vis-à-vis de l’initiative d’ouverture du capital. Cette réticence n’était pas qu’une posture de principe, elle était motivée par des expériences passées douloureuses sur le schéma d’actionnariat coté de l’ancienne maison-mère et par une relative incompréhension du nouveau modèle économique « stand alone » de la PME une fois sortie de son environnement historique. Bref, on était un peu dans une vision comme celle-ci :

Cette  première opération, un peu passée au forceps à vrai dire, a donné lieu à une sortie satisfaisante puisque quelques années après l’opération, le LBO secondaire a permis aux 40% de salariés ayant décidé de participer d’encaisser une plus-value (abondement et décote initiaux inclus) de l’ordre de 100%. Les montants investis étaient modestes, mais une des vertus de l’opération est que des explications sur le succès du repositionnement de l’entreprise et de ses offres sur le marché ont pu être données à l’ensemble des salariés actionnaires et à leurs représentants.

Les nouveaux investisseurs ayant eux aussi pris l’engagement de renouveler une telle opération, nous avons ces dernières semaines abordé les mêmes représentants du personnel pour présenter les caractéristiques du nouveau schéma d’actionnariat salarié, et le dialogue s’est très bien passé ! Nous avons même détecté une véritable attente en matière d’actionnariat (pas chez toutes les centrales bien sûr, mais dans la majorité d’entre elles, les plus hostiles à l’origine s’étant abstenues cette fois-ci) ainsi qu’une très nette progression du niveau de compréhension de la marche des affaires et des enjeux de l’entreprise chez les représentants du personnel.

Un exemple concret des vertus de renforcement du dialogue social lié à l’actionnariat salarié, avec une réconciliation de cette nature :

Nous nous efforcerons de diffuser dans toute l’entreprise cette pédagogie à l’occasion du déploiement de la nouvelle opération. Attention : la pédagogie d’une nouvelle opération derrière un premier succès doit accorder une place encore plus importante à la présentation des risques liés à l’investissement en actions, qui plus est dans une seule entreprise. Mesure dans l’investissement personnel rapporté à la surface financière du salarié épargnant, compréhension des risques sont nécessaires pour éviter l’effet « j’y vais cette fois-ci parce que cela a marché la première fois », toujours possible.

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