Si nous nous intéressons à la structure du patrimoine financier des ménages en France et aux Etats-Unis, nous allons nous rendre compte que de grandes disparités existent entre les deux pays.

Si en France la part de l’assurance vie représente près de 37% du patrimoine financier total des ménages, aux Etats-Unis, ce taux s’élève à seulement 3%.

Aux Etats-Unis, les fonds de pension (régimes de retraite par capitalisation) gèrent 35% du patrimoine financier des ménages américains contre à peine 3% en France (*).

Un écart profond s’observe aussi en matière de détention directe ou indirecte d’actions cotées : elles représentent 15% du patrimoine financier total des ménages américains contre seulement 4% de celui des ménages français.

Patrimoine FR vs USA

Au final, Carlos PARDO (Directeur des Etudes Economiques, AFG) note que ces différences au niveau  de la composition du patrimoine financier des ménages « ont pour conséquence, dans le long terme, un écart global de rendement de l’ordre de 2% en faveur des ménages américains ».

Des facteurs institutionnels (comme par exemple les spécificités nationales des systèmes de retraite, ou l’existence d’incitations fiscales), économiques (tels que le niveau de ressources) ou encore culturels (ex: goût pour le risque, préférence pour le présent, degré d’altruisme, etc.) peuvent expliquer ces différences.

Mais ne négligeons pas l’importance de l’éducation financière qui, lui aussi, a un impact sur les comportements patrimoniaux.

Championne de l’épargne (en 2014, le taux d’épargne en France s’élève à 15,1%, alors qu’il est de 12,7% pour l’ensemble de l’Union Européenne (source : Eurostat)), la France est aussi l’une des plus mauvaises en matière d’éducation financière. Notre inculture développe sans doute une peur et un réflexe d’épargne sur des produits sans risque (immobilier, livret A et assurance vie sans risque au détriment des produits risqués) alors que dans les pays anglo-saxons, on n’a pas peur de s’endetter et on n’a pas peur de placer ses économies dans des produits plus risqués avec des rendements plus élevés.

Disposer d’un bon niveau d’éducation financière permet de diversifier son patrimoine tout en réduisant le risque et optimisant ainsi ses placements. Très attachés aux produits de placement «sans risque », les Français ne devront-ils pas changer leur comportement d’épargne prudent ?

 

(*) En France les fonds de pensions n’existent pas en tant que tel. Le régime juridique n’existe pas et ce qui s’apparente le plus aux fonds de pensions sont:

  • soit les régimes complémentaires obligatoires ARRCO AGIRC pour les salariés ou RSI pour les non salariés mais qui sont gérés de façon paritaire;
  • soit les fameuses retraites chapeaux, sous forme de contrat d’assurance à prestations définies (c’est-à-dire avec un engagement sur le montant de rente versée). Les actifs sont alors investis majoritairement en fonds en €uros, c’est-à-dire en obligations d’état et d’entreprise;
  • soit les contrats d’assurance retraite à cotisations définies de type article 83 qui historiquement ont été investis en fonds en €uros et qui commencent à s’ouvrir aux multi supports c’est-à-dire à d’autres formules de placement non garanties.
  • soit les PERCO

Lire aussi :

Les investisseurs de la génération Y veulent le beurre et l’argent du beurre…