D’après les dernières statistiques de la Banque de France, le taux d’épargne des Français a atteint 15,9% de leur revenu brut disponible à la fin du premier trimestre 2014 et se rapproche ainsi du pic enregistré en 2009 (16,05%).

Taux d’épargne des Européens

Selon le dernier communiqué d’Eurostat, au premier trimestre 2014, le taux d’épargne des ménages s’est établi à 10,6% dans l’UE28 et est resté quasiment stable par rapport à la même période en 2013 (11%).
Cette moyenne européenne cache cependant des disparités entre les pays. Ainsi, les taux d’épargne en Allemagne (16,1%) et en France (15,9%) sont les plus élevés. Le Royaume-Uni a lui un des taux les plus faibles : en dessous de 6% du revenu disponible.

Ces différences peuvent s’expliquer en partie par des dispositifs d’épargne plus ou moins attractifs  selon les régions concernées, par la différence des niveaux des taux d’intérêts réels, des taux d’impôts sur les plus- values, des systèmes de retraite…

Comment peut-on expliquer cette hausse du taux d’épargne en France ?

Compte tenu du contexte économique actuel (faible croissance, prix de l’immobilier élevé, baisse du taux du Livret A alors qu’il fait aujourd’hui partie du paysage français au même titre que la baguette ou le camembert), cette hausse du taux d’épargne est très probablement le reflet d’un comportement de précaution (l’épargne doit pouvoir être mobilisée à court ou moyen terme, notamment en cas de chômage).
Sans surprise, les Français privilégient plutôt les placements sans risque (assurance vie, livrets), car ils ont besoin de pouvoir mobiliser leur épargne tout de suite.

Quel avenir ?

Les deux produits de placement préférés des Français (le livret A et l’assurance vie) rapportent de moins en moins par rapport à l’inflation. Ainsi, le taux de rendement du Livret A est de 1% depuis le 1er août 2014 (contre 1,25% auparavant) alors que l’inflation en 2013 s’est élevée à 0,9%. Le rendement des fonds en euros indexé sur le taux moyen des emprunts d’Etat reste toujours très faible (cf. post du 30/06/14). Quant aux SICAV monétaires, leur rendement est inférieur à l’inflation, voire négatif en valeur absolue.

La question est donc sur quoi va aller l’épargne des Français? Continueront-t-ils à épargner sur des produits « sans risque » au détriment de leur pouvoir d’achat ? Ou changeront-t-ils de comportement comme cela a été le cas au Japon ?

En effet, le Japon a longtemps été célèbre pour avoir le taux d’épargne le plus élevé de tous les pays industrialisés. Mais depuis le début des années 1990, ce taux baisse progressivement pour atteindre à peine 6% en 2013, soit un des niveaux les plus faibles dans les pays industrialisés. Pourquoi les ménages japonais ont-ils modifié leur comportement d’épargne ? Différents effets ont joué, notamment le vieillissement démographique, mais surtout il semble que les Japonais aient pris pleinement conscience du caractère durable de la désinflation puis de la déflation et, conjointement, de la faiblesse des taux nominaux de rendement de leur épargne.

Le scénario à la japonaise se produira-t-il en France ?

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