Euro RSCG C&O, a étudié l’ensemble des documents de référence publiés par les entreprises du CAC 40 depuis 2006 ainsi que leurs communiqués financiers et rapports intermédiaires en 2011 et interviewé une centaine de leaders d’opinion sur le sujet.

Bonne nouvelle, les entreprises du CAC 40 ont créé de la richesse, même en période de crise. Depuis 2006, le cashflow des entreprises du CAC 40 a progressé de 22%, mais cette richesse créée n’a pas été répartie de façon égalitaire entre les acteurs économiques.

La priorité a été donnée par les entreprises du CAC40 à la solidité financière, elles ont donc massivement augmenté la part du cashflow affectée à leur désendettement. Les dirigeants et les actionnaires ont été les acteurs économiques les mieux servis puisque la part du cashflow qui leur a été allouée a augmenté de plus de 30% sur la période. Il faut néanmoins relativiser l’enrichissement des actionnaires le cours des valeurs de bourse sur la période a baissé de 16%.

Arrivent ensuite la trésorerie et les impôts qui ont progressé à des taux comparables au cashflow.

Les deux perdants sont les salariés dont la rémunération (y compris participation et intéressement) n’a augmenté que de 13% sur la période  alors que la richesse a augmenté de 22% et l’investissement qui a baissé de 25%. Concernant les salariés il faut quand même préciser qu’en ajoutant les embauches, la croissance de la masse salariale est de 25%.

Comme nous l’avons déjà écrit (cf post sur Total) le partage du profit dans les grandes entreprises en France semble moins bien fonctionner dans les grands groupes que dans les PME. Les dirigeants des grands groupes français récents devraient s’inspirer des récents exemples mis en œuvre en Allemagne notamment chez Volkswagen (cf post).

Méthodologie : dans cette étude qui se base sur les entreprises du CAC40 uniquement, la valeur ajoutée correspond à la notion de « cashflow » ou « flux de trésorerie d’exploitation », qui selon les normes IFRS est calculé de la façon suivante : Résultat net + dotations nettes aux amortissements et aux provisions sur actifs immobilisés – plus-values de cession d’actifs + moins-values de cession d’actifs – variation du besoin en fond de roulement.