Les réactions qui ont suivi la publication de cette étude annuelle mettent en avant un « accroissement des inégalités », sur la base de l’accroissement (réel) de l’écart entre les 10% de ménages français au patrimoine le plus élevé et les 10% les plus faibles. Un peu court ?

En effet si l’on regarde ces statistiques de près, que voit-on ?

1°) La richesse générale a augmenté

2°) L’accroissement de l’écart entre les deux déciles est lié à un « détachement » par le haut du décile le plus fortuné

3°) L’écart au sein des 90% de la population qui ne sont pas les 10% les plus aisés s’est réduit.

La conclusion juste aurait donc été : « Elévation du niveau de richesse mais accélération de l’enrichissement des 10% les plus riches ». Vues sous cet angle, et partant du principe que « plus il y a de riches, moins il y a de pauvres », ou encore que « quand les gros maigrissent, les maigres meurent », ces statistiques sont en apparence plutôt satisfaisantes sur la capacité de notre nation à générer de l’accroissement global de richesse. Deux bémols « techniques » cependant : l’effet valorisation de la résidence principale ne crée qu’un accroissement de patrimoine virtuel en ce sens qu’il n’a pas d’impact sur la consommation et le train de vie des ménages.  L’effet héritage (qui comprend une partie immobilière) semble important, et questionne notre capacité à limiter la reproduction des inégalités. Et une grande question, celle de Joseph Stiglitz : l’accroissement du patrimoine rend-il, comme celui du PIB plus heureux pour autant ? Une autre étude de l’INSEE, « Satisfaction dans la vie » publiée en octobre 2011, nous apprend qu’en  France en 2010, quand on demande aux personnes d’indiquer leur niveau de satisfaction dans la vie, elles répondent en moyenne 7,3 sur une échelle de 0 à 10. La satisfaction augmente systématiquement avec le niveau de vie, mais plus il est élevé, plus le gain de satisfaction est faible. La santé, le travail et la famille jouent un rôle déterminant.

Rafraîchissant.