Le taux de démocratisation (% des salariés actionnaires par rapport au nombre de salariés total) suit la tendance européenne et continue de baisser en 2016. Selon la dernière édition de l’étude annuelle d’Eres, il atteint 35,8 % en France, contre 37,2% en 2015 et 44,4% en 2014. En Europe, il est passé de 25,7% en 2014 à 22% deux ans plus tard. Comment expliquer cette baisse ?

Le taux de démocratisation baisse, alors que :

  • le nombre d’opérations d’actionnariat salarié collectives dans le SBF120 en 2016 n’a jamais été aussi élevé. Le record historique sur les 10 dernières années est atteint avec un total de 35 opérations en 2016 contre 24 en 2006.
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  • Et la part des salariés éligibles aux opérations est de plus en plus élevée : 96,6% en 2016 contre 81,4% en 2012.

Chez Eres, nous expliquons cette baisse en partie par l’alourdissement de la fiscalité sur les plans d’actions gratuites mondiaux et collectifs. Il a très certainement dissuadé certains groupes d’en réaliser alors qu’ils ont un impact très fort puisqu’ils touchent automatiquement 100% des salariés. En se référant à notre base, seuls 3 plans d’actions gratuites ont été mis en place en 2016 contre 5 en 2015 et8 en 2014 et en 2013 ou encore 10 en 2012.

Il est possible que la baisse soit due à des ventes d’actions par les salariés, notamment à cause de la hausse continue des marchés boursiers depuis plusieurs années ou du départ en retraite de nombreux salariés du baby boom.

La France demeure toujours championne d’Europe de l’actionnariat salarié démocratique dans les entreprises cotées loin devant les autres pays :

  • 77% des entreprises françaises cotées ont des plans d’actionnariat pour l’ensemble de leurs salariés contre une moyenne européenne de 47% ;
  • 37% des salariés sont actionnaires contre 23% en Europe (taux de démocratisation) ;
  • Les salariés (non dirigeants) détiennent 3,9% du capital contre 1,7% en Europe.

Mais l’instabilité de la fiscalité freine le développement de l’actionnariat salarié dans notre pays.

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