134 000 $, c’est ni plus ni moins le montant qu’un salarié actionnaire américain détient en moyenne en actions de son entreprise.

C’est le résultat d’une récente étude menée aux Etats-Unis dans le cadre du travail législatif sur de nouvelles dispositions favorisant l’actionnariat salarié déjà approuvées par la Chambre des représentants. Sur le Vieux Continent, on est bien loin d’atteindre des chiffres aussi mirobolants.

Cette étude, menée par Joseph Blasi et Douglas Kruse, professeurs à la Rutgers School of Management and Labor Relations (New Jersey), dont de premiers chiffres ont été publiés en mai 2018, se penche sur des données fournies par le ministère du travail américain portant sur la période 1974-2014. Selon l’étude, la valeur moyenne des actions détenues par un salarié actionnaire par le biais d’un ESOP (Employee Stock Ownership Plan, équivalent américain du FCPE français) y atteint 134 000 $, soit environ 115 000 €. Un chiffre qui culmine même à près de 203 000 $ dans l’Etat du New Jersey. Selon cette même étude, 6000 entreprises – généralement familiales – ont été transmises à leurs salariés entre 1974 et 2014. Ces dernières étaient évaluées à 7 milliards de dollars en 2014 et employaient alors environ 2 millions de salariés.

En Europe, ces chiffres ne peuvent qu’impressionner. En effet, d’après les données publiées par la Fédération Européenne de l’Actionnariat Salarié (FEAS) dans son Recensement économique annuel de l’actionnariat salarié en Europe pour l’année 2017, la valeur moyenne des actifs détenus par les salariés européens n’est que de 52 000 €. Ce chiffre descend même à 28 000 €, si l’on exclut de cette moyenne les dirigeants exécutifs. Selon des résultats préliminaires de l’édition 2018 de l’étude Eres sur l’actionnariat salarié (à paraître en septembre 2018), les entreprises du SBF120 feraient un peu mieux, avec des actifs moyens d’environ 63 000 €.

Toutefois, ce chiffre cache certainement des résultats bien moins reluisants, notamment dans les entreprises non cotées, encore peu ouvertes à l’actionnariat salarié, alors même que celles qui l’ont mis en place le plébiscitent. Aux Etats-Unis, au contraire, où l’actionnariat salarié fait partie de la culture populaire au même titre que le hot dog, nombre de groupes non cotés ont embrassé ce système. C’est, en particulier, un moyen adopté pour faciliter la transmission des entreprises, à l’heure où quantité de baby-boomers approchent de la retraite, comme le montre l’étude de Joseph Blasi et Douglas Kruse.