Selon la dernière étude de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), les contrats particuliers d’assurance vie en euros ont rapporté en moyenne 2,8% en 2013, soit une baisse du rendement de 0,1 point de pourcentage par rapport à l’année précédente.

Contrats individuels d’assurance vie

Publiée le 22 mai dernier, la nouvelle étude de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) confirme la baisse (observée depuis 2007) du taux moyen de revalorisation des fonds euros des contrats individuels d’assurance vie : de 4,1% en 2007 le taux est passé à 2,8 % en 2013.


Néanmoins, l’étude révèle quelques disparités entre les assureurs eux-mêmes mais aussi au niveau des taux des contrats proposés par un même assureur. Ainsi, la très grande majorité (76%) des provisions mathématiques (encours) ont été revalorisés à 2,5% en 2013. Et seulement 9% des sociétés retenues pour l’étude ont proposé un taux identique pour tous leurs contrats.

Contrats collectifs d’assurance vie et PERP

Le taux de revalorisation moyen des contrats collectifs et PERP est en baisse aussi : 3,06% en 2013 contre 3,27% en 2012. « Cette baisse compense partiellement la hausse observée l’an dernier (+12 points de base en 2012) », note l’ACP dans son rapport.

Sur les contrats collectifs en cas de vie (notamment les contrats « article 83 » et contrats retraite «Madelin»), le taux de revalorisation moyen est de 3,21% donc nettement supérieur à celui de l’assurance vie individuelle.

Sur les PERP, le taux de revalorisation moyen en 2013 est de 2,5% donc inférieur aux contrats collectifs. Ce résultat s’explique par la création récente des fonds en €uros pour les PERP qui sont cantonnés. Les portefeuilles sont probablement moins diversifiés et ne bénéficient pas des plus-values immobilières notamment.


Dans notre post du 30/04/2013, il était déjà question des deux réels dangers pour l’assurance vie : hausse brutale des taux ou poursuite de la baisse.

Dans un scénario de poursuite de baisse des taux (comme c’est la situation actuelle décrite par l’ACP), on peut imaginer comme au Japon une baisse durable du taux d’épargne des ménages (cf. post du 29/11/12) conduisant à des rachats massifs dans les contrats d’assurance vie.

Le risque de décollecte est aussi fort en cas de hausse des taux. Dans une telle situation, les épargnants seront tentés d’orienter leur épargne vers des produits plus liquides avec des rendements plus élevés. Les assureurs insistent sur l’inertie des épargnants qui ne renonceront pas à l’assurance vie en raison de sa fiscalité. En réalité, c’est le différentiel de taux qui incitera ou non les épargnants à racheter.

Au final et quelque soit le scénario, poursuite de la baisse ou remontée brutale des taux, les assureurs sont dans une situation délicate et le rendement des fonds en euros s’en trouvera durablement affecté.

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