Selon la dernière étude de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), les contrats particuliers d’assurance vie en euros ont rapporté en moyenne 2,54% en 2014, soit une baisse du rendement de 26 point de pourcentage par rapport à l’année précédente. Et certains pronostics prévoient une baisse du taux de 0,30 points en 2015.

Contrats individuels d’assurance vie

Publiée en juin dernier, la nouvelle étude de l’ACPR confirme la baisse (observée depuis 2007) du taux moyen de revalorisation des fonds euros des contrats individuels d’assurance vie : de 4,1% en 2007 le taux est passé à 2,54 % en 2014.

Par ailleurs, selon le pronostic de la société d’analyse Facts & Figures, l’assurance vie en euros pourrait servir un taux moyen de 2,25% en 2015, soit une baisse de 0,30 points vis-à-vis de 2014.

L’ACPR note aussi que la part des contrats sur laquelle les taux baissent reste majoritaire en 2014.

La part des provisions mathématiques (encours), revalorisée à un taux inférieur à celui de l’année précédente s’accroit significativement : 90% en 2014 contre 66% en 2013. La part des contrats bénéficiant d’un relèvement ou d’une stabilité du taux de revalorisation net par rapport à l’année précédente est en net recul (respectivement 3% en 2014 contre 19% en 2013 et 7% des provisions mathématiques 2014 contre 14% en 2013).

Contrats collectifs d’assurance vie et PERP

Le taux de revalorisation moyen des contrats collectifs et PERP a enregistré une légère baisse revenant de 3,06% en 2013 à 2,98% en 2014.

Sur les contrats collectifs en cas de vie (notamment les contrats « article 83 » et contrats retraite «Madelin»), le taux de revalorisation moyen est de 3,06% donc nettement supérieur à celui de l’assurance vie individuelle. Notons aussi qu’un tiers (33%) des contrats collectifs a été revalorisés en 2014 à un taux au moins égal à 3,5%.

On pourra regretter sur ces produits « retraite » de ne pas disposer d’étude spécifique des taux de revalorisation en phase de restitution (versement de la rente), revalorisation bien souvent négligée par les assureurs dans la mesure où ils disposent alors de clients captifs.

Sur les PERP, le taux de revalorisation moyen en 2014 est de 2,54% (contre 2,58% en 2013) donc inférieur aux contrats collectifs, mais en très légère baisse.

La taille réduite des cantons PERP qui était un inconvénient pourrait devenir un avantage en cas de remontée des taux. Les PERP ne subiront pas une décollecte et pourront au contraire investir sur des obligations à plus haut rendement.

Dans notre post du 30/04/2013, il était déjà question des deux réels dangers pour l’assurance vie : hausse brutale des taux ou poursuite de la baisse.

Dans un scénario de poursuite de baisse des taux (comme c’est la situation actuelle décrite par l’ACPR et vu les pronostics de certains spécialistes), on peut imaginer comme au Japon une baisse durable du taux d’épargne des ménages (cf. post du 29/11/12) conduisant à des rachats massifs dans les contrats d’assurance vie.

Le risque de décollecte est aussi fort en cas de hausse des taux. Dans une telle situation, les épargnants seront tentés d’orienter leur épargne vers des produits plus liquides avec des rendements plus élevés. Les assureurs insistent sur l’inertie des épargnants qui ne renonceront pas à l’assurance vie en raison de sa fiscalité. En réalité, c’est le différentiel de taux qui incitera ou non les épargnants à racheter.

Au final et quel que soit le scénario, poursuite de la baisse ou remontée brutale des taux, les assureurs sont dans une situation délicate et le rendement des fonds en euros s’en trouvera durablement affecté.

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