La dernière édition de l’Argus des FCPE a analysé de façon très fine l’objectif de gestion de la quasi intégralité des fonds d’épargne salariale (FCPE) disponibles sur le marché afin de comprendre si les gérants se réfèrent souvent à des benchmarks et si ceux-ci sont utiles aux épargnants. Découvrez les résultats !

L’ARGUS des FCPE (1) , base de données exclusive, créée par DEBORY en 2006, analyse plus de 570 FCPE multi-entreprises, c’est-à-dire accessibles à toutes les entreprises, gérés par 29 sociétés de gestion. L’étude se concentre sur les FCPE dont les informations sont publiées sur les sites Internet ou communiquées à DEBORY ERES lors des appels d’offres réalisés pour le compte de ses clients.

Après s’être intéressé à la fiabilité de l’horizon de placement recommandé par les gérants (post du 06/03/13), à la capacité à limiter le risque de perte (post du 08/03/13), aux documents d’information mis en place sur Internet par les sociétés de gestion (post 11/03/13) et au lien entre le niveau des frais de gestion et les performances des fonds (post du 15/03/13), aujourd’hui nous vous proposons une analyse des benchmarks des FCPE.

Pour rappel, le benchmark (indice de référence) est composé d’un ou plusieurs indices ou taux. Chaque indice correspond à une classe d’actifs (actions, taux, immobilier), une zone géographique, une devise et éventuellement une duration pour les obligations. Les indices sont publiés par les places boursières elles-mêmes (Euronext, NYSE, …), les banques et les sociétés d’informations financières (Dow Jones & Company). Ils correspondent à la performance du marché dans son ensemble et représentent donc un étalon.
Exemple : l’EONIA, publié par la Fédération Bancaire Européenne, est la moyenne des taux effectivement traités sur le marché monétaire interbancaire de l’euro pendant la journée par un large échantillon de grandes banques. Il est la meilleure référence des placements monétaires à court terme.

Part des FCPE faisant référence à un benchmark

En 2012, presque 90% des FCPE font référence à un benchmark (86% dans l’édition précédente et 82% en 2009). Tous les FCPE monétaires étudiés dans l’Argus sont benchmarkés ainsi que 99% des fonds Obligations). La proportion des FCPE benchmarkés est en constante augmentation sur toutes les catégories.


Lorsque les FCPE ne sont pas benchmarkés, cela veut dire que le gérant cherche à réaliser une performance dans la durée sans chercher à répliquer ou battre le benchmark. Parfois le gérant mentionne quand même, à titre indicatif, un indicateur « approchant ».

Les benchmarks reflètent-t-ils la réalité des marchés?

Les indices de référence constituent un repère dont la simplicité a vocation à rendre plus accessibles les marchés financiers auprès du grand public. Ils offrent une référence permettant de clarifier la promesse faite à l’investisseur.

En revanche, pour les économistes, les indices de référence ne reflètent pas aussi fidèlement l’économie d’un pays. Ainsi, pour Gad Amar de BlackRock, 1er gestionnaire mondial, « dans certaines économies les plus dynamiques au monde, ils reflètent de moins en moins la réalité du terrain, en particulier sur les marchés émergents comme la Chine et le Brésil où de grandes entreprises, composante majeure des indices de référence, ont vu leur performance érodée par les interventions gouvernementales ».

Sont-ils utiles aux épargnants?

Pour savoir si un benchmark est utile il faut voir la fréquence d’utilisation dans une classe d’actifs. Notre analyse montre que la situation est très différente selon les classes d’actifs. Sur le monétaire, le benchmark est très pertinent car il n’y en a 2 seulement: l’EONIA et l’EONIA Capitalisé jour.

En comparant le FCPE au benchmark, on le compare à l’ensemble de sa catégorie. Sur les autres catégories, le benchmark présente peu d’intérêt pour le porteur vu qu’il y a quasiment autant de benchmarks différents que de FCPE. En affichant un benchmark, le FCPE se réfère à un « étalon » qui ne correspond qu’à 1 ou 2 fonds seulement.

Gad Amar de BlackRock nous explique d’ailleurs que les épargnants visent souvent des objectifs personnels (acquérir leur résidence principale ou prendre la retraite de façon anticipée) et « rares sont ceux qui ont besoin de la performance de l’indice MSCI Europe ou du FTSE 100 ». Il précise que « malgré leurs avantages, les indices de référence peuvent encourager des pratiques contraires aux intérêts des investisseurs parce qu’ils ne tiennent pas compte de la valeur en termes absolus ».

Et nous sommes d’accord avec les analystes de BlackRock qui estiment que les épargnants qui privilégient la valeur en termes réels et leurs besoins en termes de performance, plutôt que la performance du marché, ont davantage de chances d’atteindre leurs objectifs.

(1) Les FCPE sont les Fonds Communs de Placement d’Entreprise, présents dans les plans d’épargne salariale – PEE (Plan d’Epargne d’Entreprise) et PERCO (Plan d’Epargne retraite Collectif) – qui équipent 13,5 millions de salariés français au 30 juin 2012 (source : Association Française de la Gestion Financière).

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