La dernière édition de la « US General Social Survey », l’enquête publique de référence sur la population active américaine, publiée en mai dernier, fait pour la 1ère fois un zoom sur l’actionnariat salarié. Il en ressort que les salariés actionnaires sont six fois moins susceptibles d’être licenciés et que dans les entreprises qui réalisent régulièrement des opérations d’actionnariat salarié les départs volontaires sont beaucoup moins nombreux.

Selon l’étude,

  • 20% des salariés du secteur privé aux Etats-Unis détiennent une forme d’actionnariat dans les entreprises où ils travaillent, dont 11 millions via des plans collectifs ESOP (Employee Stock Option Plan) et 25 millions via des formules plus ciblées. Cela représente un total de 36 millions d’actionnaires salariés aux Etats-Unis, contre 9 millions en Europe selon la Fédération Européenne de l’Actionnariat Salarié (FEAS).
  • la valeur moyenne des actions détenues par les salariés américains s’élève à 75 205$ contre environ 44 000€ pour les salariés européens.
  • Au total, la capitalisation détenue par les salariés actionnaires s’élève à 2.700 milliards de dollars aux Etats-Unis, soit 6 fois plus que les 400 milliards d’euros observés en Europe selon la FEAS.

S’il existe un sujet qui met d’accord les Républicains et les Démocrates aux Etats-Unis, c’est bien l’actionnariat salarié. Convaincus de ses bienfaits, 72% des Républicains et 74% des Démocrates préfèrent travailler pour une entreprise ayant une très forte culture d’actionnariat salarié.

L’actionnariat salarié contribue à la sécurité de l’emploi et à la fidélisation des salariés

Selon le professeur Douglas Kruse (Université Rutgers), un des auteurs de l’étude, les salariés actionnaires sont « six fois moins susceptibles d’être touchés par un licenciement ». L’étude révèle ainsi qu’au cours de la dernière année, 3,7% des salariés non-actionnaires interrogés avaient subi un licenciement, contre 0,6% des salariés actionnaires. En outre, dans les entreprises qui réalisent régulièrement des opérations d’actionnariat salarié, le taux global de rotation du personnel (y compris les départs volontaires) est de 6%, contre 14% dans les entreprises sans plans d’actionnariat salarié.

Depuis 2017, le Panorama de l’actionnariat salarié Eres mesure l’impact de l’actionnariat salarié sur des indicateurs RH des sociétés du SBF120.

Les conclusions de notre étude allaient dans le même sens : entre 2012 et 2017, les entreprises ayant une forte culture d’actionnariat salarié présentaient un taux de départs volontaires inférieur aux autres sociétés (6,7% contre 9,6%) et un taux de licenciement inférieur (3,2% contre 4,6%).

L’indicateur RH le plus pertinent nous semble être celui des départs volontaires : les taux de licenciement, comme les taux d’embauche d’ailleurs, dépendent de facteurs externes ou d’arbitrage intra-groupe. Les départs volontaires résultent eux de la seule décision des salariés et sont fonction de leur attachement à l’entreprise. L’actionnariat salarié permet de développer une culture d’entreprise forte et de fidéliser les talents, les deux sujets qui préoccupent le plus les responsables RH à l’échelle mondiale.