C’est un des enseignements d’une étude réalisée par IPSOS et Logica pour le compte des Echos auprès de 4000 salariés français et 1500 salariés européens.

L’épargne salariale est citée en 3ème position après deux autres items : une demande pour être mieux accompagnés dans leur carrière et mieux formés (51 %), et de meilleures mutuelles (45 %).

Cette attente exprimée par les salariés peut s’assimiler à un meilleur partage du profit puisque l’épargne salariale, grâce à la participation, l’intéressement et l’abondement participe au partage du profit dans l’entreprise.

Rappelons que selon les derniers chiffres publiés par la DARES, en 2009, 57,2 % des salariés du secteur marchand non agricole, soit 8,8 millions de salariés, ont eu accès à au moins un dispositif de participation, d’intéressement ou d’épargne salariale. Parmi eux, 7,0 millions ont effectivement reçu une prime au titre de la participation ou de l’intéressement ou bénéficié d’un abondement de l’employeur sur les sommes qu’ils ont versées sur un plan d’épargne entreprise (PEE) ou sur un plan d’épargne retraite collectif (Perco).

Cette moyenne cache une grande diversité puisque dans les entreprises de 1 à 49 salariés, 16,7% ont accès à au moins un dispositif, contre 93,7% dans les entreprises de 500 salariés ou plus. Dans les entreprises de moins de 10 salariés, seuls 12,7% des salariés sont couverts.

L’attente exprimée par les salariés est donc différente selon la taille de l’entreprise : dans les petites entreprises l’attente correspond à la mise en place des dispositifs, dans les grandes le souhait est de voir les primes augmenter.

Les chiffres datent de 2009, mais notre connaissance du marché nous fait dire que malgré la création du crédit d’impôt sur l’intéressement en 2008 remanié en 2011 qui devait favoriser le développement des accords d’intéressement dans les petites entreprises,  cela n’a pas suffi. Il faudrait donc abaisser le seuil d’assujettissement à la participation légale ou à l’intéressement (au choix de l’entreprise) pour augmenter réellement le nombre de salariés couverts, mais les organisations patronales y sont opposées. Quant à la prime de partage du profit créée par Nicolas Sarkozy et qui a suscité tant de débats, il vaudrait mieux l’intégrer dans une formule de participation rénovée. Ces propositions ont été formalisées par Fondact récemment (cf post précédent sur les 5 propositions de Fondact) et permettraient de généraliser ces formules de partage du profit à l’ensemble des salariés et réduire ainsi les inégalités entre salariés des petites et des grandes entreprises.