En mars dernier ING Direct a publié la nouvelle édition de son étude sur les Européens et l’épargne : Mixed fortunes for savers in Europe. On y apprend notamment que 18 % des épargnants européens ont investi en actions en 2015.

Selon l’étude, réalisée en octobre 2015 auprès de 12 000 européens dans 15 pays, 19% des Européens déclarent détenir un placement en assurance vie, 18% des actions, 14 % des fonds collectifs, 10 % des obligations et 8 % des placements « alternatifs ». Enfin, 5 % des épargnants européens répondent avoir investi via le crowdfunding.

Parmi les raisons qui poussent les épargnants européens à investir en actions, on retrouve :

  • « le rendement attendu est attractif » (39 %),
  • « le risque en vaut la peine » (36 %) et
  • « le faible taux d’intérêt de l’épargne » (34 %).

Les principaux freins à l’investissement en actions sont : « je n’ai pas assez d’argent » (49%)  et « le risque n’en vaut pas la peine » (36 %).

ING

Existe-t-il une corrélation entre le niveau d’éducation financière des épargnants et leur propension à détenir des actions?

Selon une étude réalisée par Tullio Jappelli (Université de Naples Dederico II) et Mario Padula (Université « Ca’Foscari » de Venise) pour le compte de l’OEE (Observatoire de l’Epargne Européenne), si une corrélation existe entre le niveau d’éducation financière des épargnants et leur propension à détenir des actions, cette relation n’est pas une relation de cause à effet. En effet, les deux variables dépendent l’une et l’autre des mêmes facteurs tels que les ressources de l’individu, son aversion au risque et le coût de l’éducation financière.

Les résultats de l’étude démontrent que l’âge est corrélé négativement à la détention d’actions : le vieillissement d’une année se traduit par une réduction du taux de détention d’actions comprise entre 0,1 et 0,2%. Les célibataires détiennent environ 10% de moins d’actions que les couples. Les auteurs constatent que le taux de détention d’actions augmente avec le niveau d’éducation, mais aussi avec le revenu et l’importance du patrimoine. Le niveau initial d’éducation financière est aussi un facteur associé à une plus grande participation au marché.

Effectivement l’éducation financière est essentielle pour comprendre que l’argent doit circuler. Cette circulation est à l’opposé de l’attitude du rentier qui immobilise son argent. Hors, notre fiscalité est plus favorable aux rentiers (par exemple en exonérant d’ISF les œuvres-d’art ou d’impôt sur les plus-values la résidence principale) qu’aux investisseurs qui financent les entreprises (cf l’épisode des pigeons). Nos élites politiques n’ont visiblement pas intégré cette règle de base de l’économie de marché. Mais ce n’est pas étonnant quand on voit comment sont écrits les manuels d’économie et la décision récente du ministère de l’éducation nationale de rendre optionnel le dernier chapitre sur l’économie de marché ( !) dans les cours d’économie au lycée. On n’est pas rassuré pour l’avenir.

Lire aussi :

Les investisseurs de la génération Y veulent le beurre et l’argent du beurre…