Depuis 20 ans les réformes se succèdent pour tenter de maintenir le régime malgré le déséquilibre grandissant.

La période de 1945 (mise en place du système de retraite par répartition) à 1982 peut être considérée comme l’âge d’or des retraités. A cette époque, les réformes successives ont toutes eu pour objet d’étendre les garanties apportées par le système : extension à tous les salariés (1945) ;  mode de calcul des pensions plus généreux (1971), retraite complémentaire obligatoire (1972) ; retraite à 60 ans au lieu de 65 (1982)…

La phase suivante est celle de l’adaptation. Bien que datant du début des années 70, le phénomène du vieillissement de la population n’a été pris en compte qu’à partir de la fin des années 80. En 1991, le Livre Blanc publié à l’initiative du Premier ministre Michel Rocard donne le ton d’une nouvelle vague de réformes : celles qui prennent acte des évolutions démographiques et visent, désormais, à lutter contre les déficits annoncés.  L’objectif est alors de sauver le système, en assurant son financement sans trahir ses grands principes : répartition, solidarité, équité.

La réforme Balladur de 1993

  • allonge la durée de cotisation nécessaire pour liquider sa retraite à taux plein, de 37,5 ans à 40 ans.
  • augmente le nombre d’années de référence : 25 meilleures années, au lieu des 10 meilleures années.
  • impose la réévaluation des pensions sur la base de l’évolution des prix (moins avantageuse), et non plus sur celle des salaires.
  • crée le FSV : fonds de solidarité vieillesse servant à financer le minimum vieillesse et les cotisations retraite des chômeurs

1999: création du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) alimenté par les recettes exceptionnelles

La réforme Fillon de 2003

  • aligne la durée de cotisation nécessaire pour les fonctionnaires sur celle des salariés du privé (40 ans), et crée les conditions d’un accroissement futur de cette durée, à 41 ans en 2012, et éventuellement plus au-delà de cette date.
  • crée également un dispositif dédié aux carrières longues, pour permettre à ceux qui ont commencé à travailler très jeunes de partir plus tôt à la retraite.
  • crée également deux nouveaux produits d’épargne retraite : le PERP, accessible à tous, et le PERCO, souscrit dans le cadre de l’entreprise.

La réforme des régimes spéciaux (RATP, SNCF, …) de 2008

  • aligne ces régimes sur ceux des salariés du privé et des fonctionnaires en termes de durée obligatoire de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein.
  • instaure les systèmes de surcote et décote.
  • confirme le choix, fait en 2003, de prolonger la durée de cotisation requise pour liquider sa retraite à taux plein de 40 à 41 ans, en l’allongeant d’un trimestre par an entre 2009 et 2012.

La réforme de 2010

  • instaure une meilleure information : entretien individuel personnalisé à partir de 45 ans.
  • recule l’âge de départ en retraite : 60 à 62 ans avec trimestres, 65 à 67 sans les trimestres.
  • aligne progressivement les taux de cotisation public/privé.
  • autorise une sortie partielle (20%) en capital du PERP.
  • oblige les entreprises à mettre en place un régime de retraite d’entreprise collectif s’il existe une retraite chapeau réservée à un collège.

La réforme de 2012

  • élargit les conditions d’accès à la retraite anticipée pour longue carrière.
  • A compter du 01/11/2012, le départ à la retraite anticipée à compter de 60 ans sera possible sous deux condition : condition de début d’activité (avant 20 ans) et condition de durée d’assurance (avoir validé le nombre de trimestres).

Quel avenir pour notre système de retraite ?

La situation des retraites en France semble préoccupante pour l’avenir. Le dispositif FRR dont l’objectif était d’assurer la pérennité du système français de retraites sera bientôt dissout. Doté de 31Md€, il va financer la CADES (organisme qui gère l’ensemble de la dette sociale) à hauteur de 2,1Md€ par an pendant 14 ans et ne financera plus spécifiquement la retraite. Les hypothèses qui sous-tendaient la dernière réforme étaient trop optimistes.

DEBORY ERES

Dans le pire des trois scénarii élaborés par le Conseil d’orientation des retraites (COR) en 2010, le taux de chômage structurel s’élevait à 7 % en 2022. Nous ne sommes qu’en 2012 et il s’établit déjà à 10,2 % (source INSEE).

Les réserves ARRCO AGIRC s’épuisent plus vite que prévu : en 2020-2023 pour l’ARRCO et 2016-2018 pour l’AGIRC soit 10 ans plus tôt que prévu (ARRCO AGIRC : le pied du mur). C’est pourquoi une prochaine réforme est inévitable et rapidement. Conscient de ces phénomènes, le gouvernement a demandé des pistes de réforme pour 2013. Ainsi, le 19 décembre 2012, le COR préparera de nouvelles prévisions sur l’évolution du système de retraite à l’horizon 2060.

Lire aussi :

ARRCO AGIRC : le pied du mur

La réforme des retraites aura bien lieu…à partir de 2013 ?

La fin de l’âge d’or des retraités