Il y a un an exactement, la question se posait exactement dans les mêmes termes pour Philippe Varin ex-PDG de Peugeot, qu’aujourd’hui pour Gérard Mestrallet, président de GDF SUEZ : hasard des chiffres (ou résultat des « benchmarks » de consultants en rémunération), le montant évoqué est le même, 21 millions.

A quoi correspondent ces 21 millions ? Monsieur Mestrallet va-t-il vraiment pouvoir s’acheter demain 2 100 twingos à 10 000 euros pièce ?

‘Les « patrons » ne changent pas’ dit-on ? Certaines publications aimant le sensationnel ou les retweeters compulsifs n’interrogent en tout cas toujours pas plus les chiffres qu’ils ne le faisaient il y a un an.

Retour en arrière : Monsieur Varin touchera-il vraiment une retraite supplémentaire de 21 millions d’euros ? Derrière le chiffre comptabilisé au bilan de l’entreprise, l’avantage se traduit en réalité pour le bénéficiaire par une rente annuelle nette de l’ordre de 300 000 euros (et brute de 780 000 euros).  Des chiffres déjà suffisamment significatifs pour que l’honnêteté intellectuelle commande de les analyser pour ce qu’ils sont, de les comparer sereinement à la rémunération du dirigeant lorsqu’il était en activité, et d’estimer s’ils sont ou non justifiés au regard du service qu’il  a rendu au cours de sa carrière à l’entreprise, ses actionnaires et ses salariés (ce que je me garde bien de faire, car ce n’est pas l’objet de ce post).

Et, « encore une chose », n’oublions pas que l’Etat ne sort pas perdant : les différentes contributions et impôts déjà payés ou encore dus par l’entreprise et le bénéficiaire représentent près de 73% du montant total