Depuis 4 ans, à raison d’une dizaine de séances par an, je rencontre dans le cadre de l’Association Progrès du Management (APM) des chefs d’entreprise – dirigeants salariés ou dirigeants propriétaires – partout en France.

Nous parlons rémunération et association à la performance. Mon échantillon n’est peut-être pas représentatif, car les 5 000 patrons de l’APM ont en commun qu’ils reconnaissent avoir besoin de l’échange avec les autres pour progresser, d’où leur engagement dans l’association. Mais je constate qu’une très infime minorité (moins de 1 sur 10) de ceux que je rencontre dans ce cadre sont du type « Picsou ».

1 sur 10 a une approche structurée et volontariste du partage de la valeur dans son entreprise. Et le reste ? 2 sur 10 environ dirigent des entreprises qui ne sont hélas pas suffisamment profitables pour dégager de quoi partager efficacement. Les 6 patrons sur 10 qui restent manquent d’information sur les moyens à leur disposition pour traduire en espèces sonnantes et trébuchantes ET en information à valeur ajoutée leur souhait de partager les fruits de la performance quand elle existe.

Devant l’immensité de la tâche de pédagogie, ma conviction est faite depuis quelques mois : un abaissement du seuil d’assujettissement à la participation aux bénéfices, aujourd’hui fixé à 50 salariés,  serait plus rapide et plus efficace. Il ramasserait les patrons picsou et simplifierait la tâche aux autres. Cet élargissement serait de mon point de vue mieux accepté par le terrain que la réaction pressentie des organisations patronales « représentatives ». Il suffirait de commencer bas, et de monter progressivement en régime pour gommer les effets de seuil. Les travaux en cours au sein de FONDACT vont dans ce sens. Nous essayons d’y contribuer autant que nous pouvons. Puissent-ils être écoutés par nos politiques quand ils seront finalisés.