La lecture attentive de l’intégrale du programme du parti socialiste et un suivi (assez) attentif des 4 débats des primaires laissent pantois sur la place accordée par le PS et ses candidats au partage des profits : inexistante.

Quelle déception pour un parti de gouvernement qui a  pourtant à son actif l’abaissement du seuil de la participation de 100 à 50 salariés en 1986, ainsi que la réforme de l’épargne salariale en 2001 et son extension aux TPE/PME grâce aux lois Fabius ! C’est à se demander si le PS ne rejette pas toujours la notion même de profit et n’a pas achevé son renoncement à l’économie dirigée et sa conversion à l’économie libérale (c’est-à-dire au marché + la régulation + la redistribution).

Le PS semble pourtant reconnaître que le profit est nécessaire, pour réinvestir dans nos entreprises en innovation, et donc en création d’emplois et de lien social. Mais sur le rôle du profit pour rémunérer le risque pris par les actionnaires pour leur donner envie de continuer à investir et entreprendre, ou sur le rôle du partage des profits dans l’association des salariés à la performance et à la décision, rien.

On ne trouve dans le programme du PS qu’une sortie contre les salaires des patrons (tous les patrons ?), les stock options et les actions gratuites (ces dernières bénéficient pourtant très souvent à tous les salariés !) et une promesse de négociation annuelle tripartite menée par l’Etat sur les salaires et tenant compte « de la situation du pays ». Aucune vision donc sur le partage des profits adaptée à chaque entreprise et à sa contribution au contrat social. Du travail de sensibilisation en perspective… avec l’espoir que François Hollande désormais candidat travaillera sur ce thème dans la préparation de son rendez-vous avec les français.