Mon fils vient d’entrer en seconde, et va donc avoir ses premiers cours de Sciences Economiques et Sociales. Une plongée dans son manuel et, par esprit de comparaison, dans celui utilisé par sa sœur aînée il y a deux ans montre que le partage de la valeur est totalement absent du débat autrement que sous la forme du conflit entre capital et travail. Pourquoi tant de dogmatisme ?

Dans le premier manuel, on ne parle que du salaire, des réinvestissements et du profit. A aucun moment on ne parle d’association au capital ni de participation. On ne parle pas de dialogue, ou de représentation du personnel. La problématique de la rémunération du travail n’est abordée que sous l’angle de l’écart entre les salaires de 3 patrons du CAC40 avec des « smicards » ou de l’accroissement des inégalités liés à une anomalie d’analyse de la contribution de certains salariés par rapport à d’autres.

Dans le deuxième manuel, on présente comme seul but des entreprises le profit, et on martèle la thèse que la valeur ajoutée a été captée par les dividendes et pas par les salariés ou par l’investissement depuis 1983. A aucun moment on ne parle d’actionnariat salarié ou de participation. Au chapitre « comment fonctionnent les relations sociales dans l’entreprise ? », il y a deux sous-chapitres : 1) la représentation des salariés 2) les conflits dans l’entreprise. On cherche désespérément les mots « dialogue, accords d’entreprise, progrès…)…

Une suggestion : associer des chefs d’entreprise et des représentants du personnel locaux, ayant négocié des accords d’entreprise, à la rédaction des manuels sur la partie partage de la valeur ?

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