Séance de formation à l’actionnariat salarié d’une vingtaine de représentants du personnel d’une entreprise de services en passe de s’introduire en bourse. Le démarrage est un peu difficile à cause d’un des participants : « Je ne vois pas pourquoi je donnerais mon argent à l’entreprise qui va investir hors de France, entraînant ainsi des délocalisations ».

Cet argumentaire tant rebattu de « la corde pour le pendre » que l’on ferait fabriquer à l’ouvrier est de pure dialectique. J’utilise une parade pour évacuer le débat : « Tout le monde sait que les projets de réconciliation du capital et du travail sont combattus par tous ceux qui considèrent l’entreprise comme un domaine de lutte et pas comme un lieu de création de valeur collective et de lien social ». La suite de la séance se passe mieux : nous abordons le modèle économique de l’entreprise, la nécessité de se développer à l’étranger pour accompagner les clients, la part des investissements prévus en France sur les fonds levés, les modalités d’association des salariés qui le souhaitent au capital à l’occasion de l’entrée en bourse. A la pause, le même représentant du personnel vient me parler de son PEA et des actions qu’il y détient : nous nous réconcilions sur le terrain commun de l’investissement productif, seul créateur de richesses à partager, et de la différence entre le capitalisme sauvage et l’économie de marché régulée. Mais j’aurais préféré que l’on fasse l’économie de la sortie en séance, tout le monde aurait gagné du temps et de l’énergie.