La question de ma fille était naïve : elle avait néanmoins compris que notre système repose sur une solidarité intergénérationnelle. D’une certaine façon cette question évacue le lieu commun « j’ai cotisé pour ma retraite » et replace le mécanisme dans sa finalité : la génération qui cotise paye pour la retraite de ses parents.

Paradoxalement, j’ai pourtant envie de lui répondre « les deux ». Parce que c’est la génération qui cotise qui doit créer les conditions pour que celle qui suit ne se retrouve pas dans une situation impossible. Financer le déficit des régimes de retraite par la dette c’est pourtant faire le contraire en reportant sur les générations futures non seulement la responsabilité de ses parents mais surtout celles de leurs grands parents, et de leurs aïeux pour faire bonne mesure.  Sans remettre en question la problématique de solidarité qui doit être un fondement des amortisseurs économiques nécessaires à la création du lien social, on doit s’interroger sur notre responsabilité vis-à-vis de nos ainés sans transférer la charge sur les générations qui suivent.  On est en droit de se poser la question du renforcement des solidarités intra-générationnelles plutôt qu’intergénérationnelle.  Quelle répartition au sein de la génération des retraités d’aujourd’hui ? Dans quelle mesure ne dois-je pas accepter de payer aujourd’hui pour que la retraite de ma génération ne soit pas un fardeau par mes enfants. En disposant de conditions favorable à une épargne à cette fin si j’en ai les moyens à – titre individuel ou dans le cadre de mon entreprise – et en acceptant de contribuer demain aux besoins de ceux qui n’auront pu le faire dans une répartition repensée.