De report en report, j’avais fini par ne plus y croire, et puis voilà, le rendez-vous maintes fois décalé et finalement repositionné ce 10 mars à 16 heures a eu lieu ! Bilan : les services des CICAS ne sont pas en mesure d’atteindre les objectifs de ces entretiens.

Rappel de ce qui m’a été promis dans mon courrier retraite de 45 ans : « Vous pouvez désormais bénéficier à votre demande d’un entretien information retraite. Cet entretien porte sur vos droits à la retraite, leurs perspectives d’évolution et sur les dispositifs permettant d’en améliorer le montant. » (cf. Mon entretien retraite de 45 ans avec les régimes obligatoires (Part 1))

Alléchant programme…mais j’ai été déçu.

J’arrive à 16h00 précises au CICAS de Nanterre pour mon rendez-vous, j’attends 5 minutes  à l’accueil. Pendant cette brève attente, une personne qui attend avant moi est prise en charge sur le ton « Vous avez rendez-vous à 16 heures ? Oui, alors suivez-moi je vous prends tout de suite, j’enchaîne toutes les 20 minutes ». Puis une dame très aimable vient me chercher. Elle annonce la couleur dans le couloir qui mène à son bureau : « Je ne sais pas ce que je vais pouvoir faire pour vous, vous êtes TELLEMENT jeune!» (appui prononcé sur le « tellement »).

Après m’avoir dissuadé de m’asseoir par erreur à sa place « Non cette place c’est la mienne » « oh pardon madame, je ne veux pas m’assoir à la place du chef » (Rire) « Je ne suis pas chef hélas » « Cela viendra » (re-rire) « Pas sûr, tout est tellement lent et aléatoire chez nous ! », la dame me redit que je suis vraiment TRES jeune pour m’occuper de ma retraite et qu’elle ne voit vraiment pas ce qu’elle va pouvoir faire pour moi. Puis elle se tait. J’attends quelques secondes… et non, il n’y a pas de « guide d’entretien » ni de « déroulé type » d’administration des  entretiens retraite obligatoire des 45 ans. C’est donc à moi de prendre l’initiative. Je déroule mes questions.

« Tout d’abord Madame, vous pouvez peut-être m’aider au sujet du relevé de carrière que j’ai reçu. Première question : je croyais que le service militaire comptait, surtout que j’ai fait un volontariat service long de 16 mois de septembre 1991 à décembre 1992 ? ». Réponse utile et très précise. « Oui il compte, si vous l’avez fait comme vous me le dites, vous ne pourrez pas valider 1991 car vous avez déjà 4 trimestres, en revanche il vous manque 1992, contactez la CNAV avec vos justificatifs, livret militaire ou bulletins de solde, pour qu’ils régularisent ».

CICAS « One point » comme on dit à l’Eurovision.

« Ensuite, il y a des périodes validées Régime de base mais pour lesquelles je n’ai pas de points ARRCO ou AGIRC ? Est-ce normal ? ». « Montrez-moi cela … pour les périodes validées au titre des activités de Junior Entreprise (association phare de l’ESCP), oui, car les salaires payés étaient insuffisants » (et pan pour la JE de l’ESCP, j’espère qu’Olivier, son Président de l’époque ne lira pas ce post ;-)). « En revanche pour les trimestres validés au Crédit Foncier, ce doit être parce que ce n’est qu’en 1993 ou 1994 je ne sais plus que les banques ont cessé de cotiser à part à l’AFB pour les complémentaires obligatoires ARRCO AGIRC. Il faut que vous demandiez à votre caisse actuelle, REUNICA je crois, de régulariser. Contactez-les ils vous diront s’ils le font tout de suite ou plus tard et de quoi ils ont besoin pour le faire ».

CICAS « Two points ». Merci Madame !

“Madame, me conseillez-vous de vérifier tous les salaires pris en compte dans mon relevé ou bien est-ce que je peux faire confiance ? »  « Je vous conseille de TOUT vérifier, il y a tellement d’erreurs ! J’ai accès à vos salaires de référence mais je ne peux pas vous les communiquer. Contactez Réunica via leur site, très bien fait (encore !), faites-vous fournir votre relevé actualisé de points, comparez-les avec vos bulletins de salaire année après année et si vous voyez des écarts, faites leur rectifier. »

CICAS « One point ». J’enlève un point en effet : ergonomie globale, zéro, puisque je croyais justement que le CICAS allait être mon interlocuteur unique pour tout de maintenant à la liquidation…. Cela se complique je dois m’en occuper avec différents interlocuteurs. Mais je retiens, il faut TOUT vérifier…

« A quel âge pourrai-je liquider ma retraite ? » Elle se détend, voilà une question qu’elle est facile comme aurait dit Coluche. « Né après 1955, ce qui est votre cas VOUS ETES SI JEUNE (Hola, je suis marié ! du calme !) vous pourrez partir à 62 ans au plus tôt, sous réserve d’avoir cotisé pendant 170 trimestres, enfin si cela ne change pas d’ici là, la dernière réforme a été tellement insignifiante, cela bougera forcément encore d’ici là ne vous faites pas d’illusion ».

INTERLUDE : Un ange passe, brandissant un tweet de Marisol Touraine du 18 décembre dernier :

CICAS « Two points », Marisol 0

« Et même sur la base de la situation existante, comment puis-je projeter ce que donnera ma retraite obligatoire ? » « Mon pauvre monsieur (sic) il m’est impossible de vous donner la moindre estimation, vous êtes TROP jeune.  Enfin vous pouvez toujours aller sur @MAREL, mais ce simulateur est tellement pas fiable ».

CICAS « One point » (oui je viens encore de retirer un point, c’est trop énorme, pourquoi me proposer cet entretien qui « porte sur vos droits à la retraite, leurs perspectives d’évolution… » alors ? @MAREL 0)

Je temporise avec une question technique : « Quel est le sort au regard de ma pension des régimes obligatoires  de mon conjoint qui ne travaille plus parce qu’il fait tourner la boutique familiale avec nos 5 enfants». Réponse claire et nickel : « Si vous mourez en cours de pension, votre conjoint aura droit à 60% de ce que vous percevez au moment de votre décès, sous conditions de ressources maximum pour le régime de base, sans condition de ressources pour l’ARRCO et l’AGIRC et sous réserve qu’il ait 55 ans, sauf si 2 enfants sont encore à charge, auquel cas ce sera sans condition d’âge ». « Et si je meurs demain ? » Elle aura droit tout de suite, puisqu’elle aura encore 2 enfants à charge au moins, à 60% de ce que les régimes obligatoires vous auraient servi si vous aviez liquidé le jour de votre décès ».

CICAS « Two points ». Très clair.

Allez, on passe à la fin de la promesse : « Cet entretien porte … sur les dispositifs permettant d’en améliorer le montant. »

« Qu’est-ce que je peux faire, avec ce que vous me dites sur les réformes à venir, pour améliorer le montant de ma retraite ? » Et là cela se gâte : « Vous pouvez racheter des trimestres au titre de vos études supérieures, j’imagine que vous en avez fait ? Bien. Mais en fait cela n’a pas d’intérêt, vous êtes TROP jeune, vous allez les payer moins cher, quoique même à votre âge c’est déjà assez dissuasif, c’est très très cher, et vous ne savez pas ce que cela donnera, et puis cela n’a d’éventuel intérêt que s’il vous manque des trimestres à 62 ans, ou plus tard. Enfin « je crois » (sic) que c’est déductible de vos impôts, c’est déjà cela (re-sic ). » « Et combien cela coûte ? » « Cela dépend si vous rachetez au titre du taux ou du taux et de la durée, mais là ne me demandez pas si c’est intéressant pour vous, je n’en sais rien (re-re-sic) Si vous voulez on peut aller voir sur le site lassuranceretraite.fr pour voir combien cela vous coûterait ». Elle m’emmène sur le site, tâtonne, trouve le moteur de tarification, et me sort les prix à 45 ans et à 61 ans. Me voilà bien avancé. Je ne sais même pas si je peux en racheter compte tenu de ma situation. Il faudra donc que je regarde moi-même. Après coup, je vois que pour partir à 62 ans il me manquera 6 trimestres, donc soit je les rachète, soit je pars à 63 ans et demi. Ce n’était pourtant pas compliqué à calculer en séance…

CICAS « One point ». Alors là oui, j’enlève un point sans hésiter, je me retrouve tout seul face à mon calcul de durée et mon analyse  sur les rachats de trimestre, à quoi sert cet entretien ?

Je m’apprête à poser l’ultime question, mais elle me devance, pressée d’en finir : « Sinon il y a l’épargne, enfin la capitalisation, mais là il y a plein de choses, c’est l’assurance, ou bien vous avez peut-être un PERP ? Sinon demandez à votre banquier, à moins que vous n’ayez quelque chose dans votre entreprise ? ». Je lui parle de mon PEE, manifestement elle n’a pas été informée qu’on pouvait aussi l’utiliser pour la retraite. Puis elle me parle du PERCO et de l’article 83 en en confondant les caractéristiques.  « Et bien sûr il y a aussi l’assurance vie, enfin tout cela ». Devant mon insistance « je crois que plus on s’en occupe tôt, moins l’effort d’épargne est douloureux , je voudrais y voir plus clair sur les possibilités avant de parler à mon banquier », elle cherche désespérément sur son serveur une « présentation je crois que je l’ai qui dit un peu ce qu’on peut faire en capitalisation ». Elle la trouve, se perd dans les diapositives. J’ai le temps d’en voir quelques-unes : elles ne sont pas à jour de la réforme de novembre 2010… l’information épargne retraite, ce n’est déjà pas pour le personnel des CICAS, alors de là à ce que cela diffuse sur les administrés pour leur rendez-vous retraite de 45 ans, il y a du chemin à faire. Je lui demande la présentation, elle me dit qu’elle ne sait pas si elle a le droit de me la donner, mais qu’elle va vérifier et que si elle le peut, elle me l’enverra. Elle prend mon adresse. Si cette présentation arrive, je vous ferai un post sur son analyse !

CICAS « Half point ». Je laisse un demi point pour les explications claires sur ce que je peux faire rectifier et sur la réversion.

Je décide de m’en tenir là. Pour le reste, manifestement, il faudra que j’attende mon rendez-vous retraite de 55 ans. Pas très pressé d’y arriver, je suis TELLEMENT jeune!

Lire aussi :

Mon entretien retraite de 45 ans avec les régimes obligatoires (Part 1)