Il n’y a pas que dans chacune de nos entreprises que la Participation doit (re-)faire son chemin, au niveau national la restauration du consensus est une nécessité.

Hier nous parlions de la Participation comme facteur de consensus et de dialogue au niveau macro-économique de chaque entreprise.

En ce qui concerne le niveau national, celui de la réconciliation et de l’unité souhaités par le Général de Gaulle, force est de constater que depuis le quinquennat précédent, l’épargne salariale ne fait plus consensus. Dans les années 1990 (abaissement du seuil d’assujettissement à la participation) puis dans les années 2000  (extension des plans d’épargne aux petites entreprises, création du PERCO) sous des majorités de gauche comme de droite, l’épargne salariale a été confortée et renforcée. Malheureusement le dernier quinquennat et celui en cours ont marqué, malgré quelques ajustements et nouvelles possibilités utiles (éligibilité des patrons de TPE aux mécanismes, passerelle temps de travail / épargne retraite, développement du PERCO) une rupture du consensus sur l’utilité de l’épargne salariale pour le dialogue dans l’entreprise, la justice sociale, l’unité de la nation. Forfait social, rupture du lien partage du profit=> épargne longue, autant de coups de canif dans le ciment naturel du contrat social qu’est la participation et ses mécanismes associés d’épargne salariale. On a parlé de niche, de risque excessif pour les salariés, d’anomalie anachronique, de pouvoir d’achat. On en a surtout perdu la compétence et la compréhension, dans les media, dans la sphère politique, dans les entreprises même.

Il est temps de rétablir ce consensus. Comment ? Chacun de ceux d’entre nous qui croient à la vertu de nos mécanismes a un triple rôle à jouer :

  • Dans nos entreprises, que l’on en soit dirigeant ou salarié, la participation au dialogue pour mettre en place pérenniser et renforcer l’épargne salariale est une façon de redonner de la vigueur micro-économique au partage du profit, au dialogue social.
  • Dans notre sphère professionnelle (syndicats, associations, fournisseurs, clients….), témoigner de l’actualité et de la vigueur de la participation et de l’épargne salariale, l’inclure systématiquement dans la réflexion sont un moyen de la « réveiller ». Exemple : dans ses propositions pour la réforme des retraites, le Medef oublie tout simplement l’épargne salariale ! Que font ses adhérents ?
  • Dans la sphère politique et médiatique, expliquer et décrire encore et encore ! Quand on sait grâce à nos amis de FONDACT que moins de 1% de nos 925 parlementaires (députés et sénateurs) ont eu une fois dans leur vie accès à un PEE, quand on lit les rapports de la Cour des Comptes, de l’Inspection Générale des Finances, le dernier rapport parlementaire sur l’épargne longue, l’incapacité de l’actuelle présidence de la République à tenir un discours cohérent et visionnaire sur la Participation, on mesure le travail à réaliser. Jugez-en vous-mêmes :
    → Hausse massive du forfait social de 8 à 20% au 1er août 2012
    → Annonce de novembre 2012 en déplacement dans l’entreprise Lucibel à Rueil-Malmaison : « J’ai demandé au gouvernement une réflexion approfondie sur tous ces mécanismes [épargne salariale / actionnariat salarié] de façon à les pérenniser, à les conforter, à les élargir sous certaines conditions et à les rendre stables sur le plan fiscal et social »
    → Michel Sapin aux Rencontres parlementaires de l’Epargne salariale le 26 mars  « Les 3 défis que le gouvernement identifie pour l’épargne salariale sont le défi de l’élargissement aux petites entreprises, de la simplification et de l’orientation vers l’investissement productif et l’épargne longue »
    → Déblocage exceptionnel annoncé à la télévision par François Hollande à peine quelques jours après…

A quoi s’attendre dans la réforme à venir que nous prépare le gouvernement ?

En bref, si vous y croyez et où que vous soyez, la défense de la participation et de l’épargne salariale, c’est maintenant !

Pour vous aider, quelques chiffres. La participation et l’épargne salariale c’est :

  • 3,5 millions de salariés ayant des avoirs dans leurs plans d’épargne
  • 8 à 9 millions de bénéficiaires chaque année d’un flux d’intéressement et/ou de participation
  • 100 milliards d’euros d’épargne longue finançant largement l’investissement productif et la retraite supplémentaire
  • 2 accords d’entreprise sur 3
  • de 3 à 15% des TPE et PME équipées en 10 ans