La France a besoin d’un nouveau contrat social.

Ces mots, nous les entendons depuis très longtemps. Nos politiques les reprennent à leur compte, les partenaires sociaux les appellent de leurs vœux, les think tanks en font des punchs lines mais pour autant rien n’évolue, sauf quelques paramètres.

L'évolution de la prime PEPA est inadaptée

Le dernier paramètre à la mode ? « Multiplier par 6 la prime PEPA pour les petites entreprises pour porter son plafond de 1000€ à 6000€ par an et par personne ».

Cette mesure rate sa cible, pour 2 raisons :

  1. Elle est à la discrétion des employeurs, aussi bien pour son montant que pour ses critères de déclenchement et n’offre ainsi aucune visibilité aux salariés et n’agit que comme un pansement ponctuel de pouvoir d’achat, sans ambition en matière de gouvernance ou de dialogue social.
  2. Elle est discriminante car réservée aux salariés qui perçoivent une rémunération inférieure à 3 Smic (4768€) : pourquoi exclure ?

L’intéressement, véritable levier de croissance pour l’entreprise

Ce que les crises successives que nous avons vécues depuis 2018 nous rappellent c’est que notre société pour se mobiliser doit s’appuyer sur des solutions collectives, expliquées voire négociées et qui profitent à tous.

Ces leviers existent dans l’entreprise : ce sont les dispositifs d’intéressement à la performance, véritables contrats réciproques qui définissent les objectifs et la performance à atteindre collectivement pour que les fruits de cette performance soient reversés à tous ceux qui y ont contribué.

« La prime ne se déclenche pas cette année ? » « Non, car nous n’avons pas réussi à remplir l’objectif fixé… »

« La prime est supérieure à ce que nous attendions ? » « Oui, car nous avons dépassé largement les objectifs et moi employeur j’ai décidé de verser un supplément d’intéressement exceptionnel pour récompenser cette surperformance »…

Si les outils existent, ils doivent mieux s’adapter à la réalité du chef de la petite entreprise (souplesse, substitution aux rémunérations variables, délai de conclusion, …) pour être plus largement diffusés.

Le dividende salarié peut réconcilier travail et capital

Durant la campagne présidentielle, on a aussi entendu parler de « dividende salarié » : un doublement de la participation dont le versement conditionnerait le versement des dividendes traditionnels aux actionnaires. Dit autrement : « Partager la valeur créée avec les salariés puis avec les actionnaires ».

L’idée est à la fois iconoclaste et fédératrice. Elle dépasse enfin la qualité de « paramètre » car elle est de nature à réconcilier les Français avec l’entreprise, vue comme aventure collective créatrice de richesse. Elle permet de comprendre et faire comprendre que l’on ne peut plus voir le dividende progresser chaque année davantage sans redistribuer aux salariés la juste part qui leur revient.

Toutefois, cette transformation radicale devra être accompagnée par des mesures fortes comme la suppression totale du forfait social et l’exonération de CSG CRDS sur les sommes distribuées. Cet effort pour les finances publiques est nécessaire, car il répond à un enjeu de cohésion sociale et de reconnaissance du facteur collectif comme élément décisif dans la création de richesse. Nécessaire, mais pas suffisant, il faudra aussi :

  • Veiller à ne pas sanctionner les bons élèves, ceux qui ont déjà rendu leur salariés actionnaires ou qui vont déjà au-delà de leurs obligations réglementaires : le dividende salarié doit s’apprécier en tenant compte de tout ce que l’entreprise a déjà mis en œuvre en matière de partage du profit.
  • Flécher 50% du dividende salarié vers le plan d’épargne retraite d’entreprise PER : on entend parfois qu’il serait efficace d’installer une capitalisation retraite obligatoire financée par les employeurs. Riche idée…qui renchérira le coût du travail.

Un fléchage du dividende salarié vers le PER instaure de fait un financement par l’employeur d’une épargne retraite pour tous les salariés, proportionnelle à la performance collective plutôt que de renchérir le coût du travail pour toutes les entreprises, ce qui fragiliserait les plus vulnérables et pénaliserait l’emploi.

Ensemble, faisons grandir le partage du profit

Chez Eres, nous partageons des convictions autour :

  • d’une épargne en France qui gagnerait à être davantage investie dans l’économie réelle pour financer le développement de nos PME-ETI,
  • d’entreprises qui gagneraient à construire l’épargne retraite de leurs salariés pour être plus désirables et attirer les talents les plus recherchés,
  • d’un partage du profit sous considéré dans les plus petites entreprises de par son caractère facultatif : il faut inciter toutes les entreprises à partager le profit,
  • de l’actionnariat salarié comme moteur de réconciliation du capital et du travail.

Nous vous proposons de faire prospérer ces réflexions dans plusieurs publications à suivre autour de la réforme des retraites, du pouvoir d’achat et du contrat social.

Vous souhaitez mettre en place votre opération d’actionnariat salarié mais vous avez besoin d’un accompagnement pour choisir les outils adaptés à vos objectifs ? Contactez l’équipe Eres pour bénéficier de son expertise !

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