La baisse annoncée du livret A n’a pas eu lieu malgré les appels de la Banque de France et les assureurs vie n’ont pas osé baisser le rendement de leurs fonds euros de façon significative malgré là encore le message de Christian Noyer. Et pourtant la baisse de l’EONIA et du TME, qui sont les indicateurs de ces deux produits, se poursuit. Continuer à faire croire aux Français qu’ils peuvent gagner plus n’est pas raisonnable. L’absence d’inflation et de rendement est justement une chance pour les inciter à investir dans l’économie réelle et dans les actions. Les pouvoirs publics et les assureurs appellent à financer l’économie mais ni les uns ni les autres n’assument leur propos en faisant baisser les rendements des produits dits « sûrs ». Mais qu’en sera-t-il demain ?

Les Français ont été habitués à obtenir du rendement sans prendre de risque pendant de nombreuses années, mais depuis quelques années, le rendement des deux placements préférés des Français : le livret A et l’assurance-vie, baisse inexorablement.

Comme on le voit sur le graphique ci-dessous, le rendement des contrats d’assurance-vie indexés sur les emprunts d’Etat et celui du livret A sur l’inflation ont subi l’érosion liée à la baisse des taux. Aujourd’hui le livret A ne rapporte presque rien par rapport à l’inflation et le rendement des fonds en euros reste toujours très faible.

Mais qu’en sera-t-il demain ?

Premier scénario : le plus probable à court terme, les taux restent très bas voire continuent à baisser

Le rendement du livret A restera très faible et celui de l’assurance-vie aussi. Soit le taux d’épargne reste élevé et les rendements des fonds en euros continuent à baisser doucement, soit le taux d’épargne baisse et les assureurs devront assumer des rachats importants en attendant des jours meilleurs.

Deuxième scénario : les taux remontent, ce qui arrivera forcément un jour

Si l’inflation remonte en même temps, ce qui est probable mais pas certain, alors le livret A retrouvera des couleurs puisque son taux est indexé sur les prix. En revanche pour l’assurance-vie, le scénario pourrait être très compliqué comme on l’a vu dans notre post du 30 avril 2013.

Comme pour le déficit, les Français se sont habitués à une situation anormale où le rendement était possible sans risque. Résultat le nombre d’actionnaires individuels a baissé de moitié en 10 ans. Espérons que le retour à la normale incitera les Français à renouer avec l’investissement productif dans l’économie réelle : celui de la bourse.