La saga de l’actionnariat salarié. Episode 4 : De l’importance de la communication…

Qui communiquera sur l’association des salariés au capital si ce n’est pas l’entreprise qui met en place le schéma ? On peut avoir conçu le meilleur schéma du monde, parfaitement adapté à ses objectifs, si on ne le met pas en valeur, on jette cette valeur par les fenêtres. Nos clients nous demandent souvent comment communiquer. Nous aimons répondre qu’il n’y a pas de dispositif de communication universel idéal, mais bien celui que l’entreprise à l’habitude d’utiliser sur la population concernée, depuis l’entrevue individuelle à la grand- messe en passant par l’intranet, le journal interne… Nous avons par exemple il y a quelques années développé un film sur les dispositifs d’épargne salariale et d’actionnariat, à la durée calibrée sur le temps d’habillage et de déshabillage, et destiné aux bornes video des vestiaires des plateformes d’une entreprise à la très forte composante logistique. Dans certaines entreprises nous produisons des reportings spécifiques conçus avec les directions et les représentants des salariés. La diffusion par les canaux habituels et par, si possible, deux canaux distincts au moins, maximise l’impact.

Par ailleurs la communication est un le moyen central d’alerter sur les risques de l’actionnariat salarié. C’est une évidence, quelles que soient les aides et garanties proposées dans le schéma d’actionnariat déployé, investir en actions, qui plus est en actions d’une seule entreprise, et a fortiori si c’est votre entreprise et que vos revenus en proviennent, est triplement risqué. Pour éviter des déconvenues en cas de sinistre comme celui qui a suivi l’introduction en bourse d’un grand opérateur télécoms au moment de l’explosion de la bulle TMT (je tiens à votre disposition le texte d’un savoureux tract de SUD-PTT de 2006 à ce sujet), ou d’autres exemples dans l’industrie, la distribution ou les services et services financiers, il est indispensable de veiller  à la bonne information des salariés sur les risques associés à l’actionnariat salarié, sur l’importance de conserver une diversification suffisante et adaptée à sa surface financière, de proposer si possible des investissements réguliers et des possibilités de sécurisation de ses plus-values.

L’organisation de la liquidité est elle aussi cruciale. Deux exemples parlants : Un client coté proposait un FCPE en actions de l’entreprise dont la sortie par arbitrage vers des FCPE diversifiés était interdite par les règlements en vigueur de l’entreprise. Le titre a été propulsé à des sommets à la suite d’un mouvement spéculatif, tout le monde a vu la richesse dans son PEE, et faute de possibilités de sortie, quand le mouvement spéculatif à cessé et que le titre a retrouvé un  cours « normal », les relations sociales ont subi un contrecoup dommageable, les salariés reprochant à la Direction de les avoir empêchés de profiter de la hausse. Autre exemple : le remplacement brutal d’une partie d’une équipe de Direction par des actionnaires après exercice par ces managers d’une première partie d’un plan de bons de souscription de parts de créateurs d’entreprise (bspce), et en l’absence de pacte d’actionnaires organisant une possibilité de rachat de ces actionnaires salariés en cas de départ, a donné lieu à la situation ubuesque suivante : un ancien directeur était actionnaire minoritaire de la société, poste d’observation privilégié, alors qu’il avait pris la direction générale d’un concurrent…

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Prequel : Maître/esclave ou employeur/salarié ? La vérité sur l’actionnariat salarié.

Episode 1 : Un actionnaire salarié est 100% actionnaire… et 100% salarié !

Episode 2 : Partir de ses objectifs et non pas de la boîte à outils : une question de bon sens

Episode 3 : De la bonne utilisation de la boîte à outils