En 1952, l’élaboration de la Participation poursuit son chemin dans les projets du Général de Gaulle, qui n’y voit pas qu’un outil pour couper l’herbe sous le pied des communistes… mais lui accorde une véritable utilité économique et sociale.

Suite de notre série de posts pour nous remettre en mémoire les racines de la Participation voulue et mise en œuvre par le Général de Gaulle.

Autre archive qui vaut le coup objet de ce 2e post sur 5 : Une intervention du Général il y a 65 ans à une réunion privée des compagnons du rassemblement, à Nancy, en Moselle, dans un bassin industriel, en 1952 à un moment où le RPF a une audience en berne.

Archive audio : Intervention de 1952 à NANCY

Constatez avec nous que, si l’on passe sur des termes devenus un peu désuets, ils sont d’une brûlante actualité, même si l’objet initial de contrer les visées révolutionnaires « séparatistes » des communistes, très présent à l’époque dans la genèse de cette vision du partage des profits et de l’information liée à la marche de l’entreprise, est daté. Il est cependant assez facile de la transposer dans le divorce croissant entre les français et leurs entreprises. A ce stade de la maturité de la réflexion, la Participation s’appelle encore l’Association….mais on a progressé sur la conviction de son utilité au développement économique et social même si on cherche encore…

Transcription :

« Alors, il y a des gens qui disent :  » Face aux communistes, ce n’est pas difficile. Il n’y a qu’à leur opposer la police, les tribunaux « . Oui, naturellement, les pouvoirs publics, à condition qu’ils existent, ont le devoir d’opposer la force et la justice aux menées des agents étrangers. Mais ne nous figurons pas que cela suffirait à guérir le mal. C’est dans sa racine, c’est dans sa source qu’il faut guérir ce mal-là. C’est le régime économique et social sous lequel nous vivons que nous devons réformer de fond en comble de manière à ce qu’à la fin, chaque Français ait, en France, sa place, sa part et sa dignité. Vous savez…

…vous savez que pour réaliser ce résultat essentiel, nous avons, nous, notre solution. Nous l’appelons l’association. Nous voulons faire en sorte que cesse, entre ceux qui travaillent ensemble, dans les mêmes entreprises, que cesse l’opposition, la guerre de leurs intérêts. Nous voulons, au contraire, que ces hommes-là, quel que soit leur rôle dans les entreprises, qu’ils soient le patron ou l’ingénieur ou l’ouvrier, que ces hommes-là associent leurs intérêts, leurs capacités, leur bonne volonté, de telle sorte que chacun bénéficie pour sa part automatiquement d’après un contrat de ce qui sera produit en commun. Si vous y faites attention, c’est de cette manière que l’on peut changer du tout au tout l’atmosphère sociale de ce pays. Et c’est aussi de cette manière qu’on peut trouver une solution au problème de la productivité française. Car le travail, la qualité, la quantité du travail seront certainement bien meilleures. »

Post précédent : 1949 : Le capitalisme à la papa et les professionnels de la lutte des classes