Entre le « sectarisme des spécialistes de la lutte des classes » et les capitalistes « à la papa », le Général de Gaulle annonce qu’il imposera la Participation dans un discours fondateur de 1949 qui n’a perdu ni son sel ni son actualité !

Nous vous proposons à partir d’aujourd’hui et dans les prochaines semaines une série de 5 posts pour nous remettre en mémoire les racines de la Participation voulue et mise en œuvre par le Général de Gaulle, idée centrale de sa vision économique et sociale.

Grâce aux excellentes archives de l’INA, accessibles par le le biais de la Fondation Charles de Gaulle, un certain nombre des discours fondateurs de de Gaulle sont accessibles en audio et/ou vidéo, avec leur transcription écrite reprise ci-dessous.

A méditer pour nos politiques qui doivent réinvestir le champ de la Participation !

L’idée d’Association apparaît dès 1941 dans un discours proclamé à Oxford. À la fin des années quarante, à la tête du RPF, dans ses discours de 1948, à Saint-Etienne, à Lille, à Marseille, …  il affirme la nécessité, pour rénover et moderniser le pays, de réconcilier le capital et le travail. Entre ce qu’il appelle « un capitalisme abusif » et « un communisme écrasant », l’idée est audacieuse, et s’inspire de plusieurs courants de pensée : le christianisme social et le socialisme utopique. Il mettra plus de 30 ans à la mettre en œuvre.

Première archive qui vaut le coup : le discours du 1er mai 1949 à Bagatelle : à l’époque, et cela durera quasiment jusqu’au bout, la future Participation s’appelle encore l’Association. Et les résistances anticipées des deux bords (syndicats et patronat) sont d’ores et déjà tournées en ridicule !

Archive audio (très mauvaise, promis les archives des posts suivants seront meilleures !) : Discours du 1er mai 1949 à Bagatelle

Transcription :

« Au niveau de la foule immense que voilà, on éprouve comme une révélation.  » Je ne sais pas, disait, jadis, Louis Veuillot, quel souffle planant sur la multitude lui révèle qu’elle est une nation « . Nous tous, ici, en nous voyant nous-mêmes, nous connaissons que nous sommes un grand peuple qui s’assemble pour son salut. Ce qu’il faut, c’est abolir l’humiliante condition dans laquelle l’organisation économique dérivée tient la plupart des travailleurs. Ce qu’il faut, c’est faire cesser le système en vertu duquel les intérêts de ceux qui apportent à la production leur travail s’opposent à ceux qui y apportent soit leurs biens, soit leur autorité et qui fait que dans une entreprise, les ouvriers sont des instruments et non pas des participants. Ce qu’il faut créer et faire vivre, c’est l’association du travail, du capital et de la direction qui confère à chacun la dignité d’un sociétaire responsable et bénéficiaire du rendement collectif pour sa part et à son échelon. Naturellement, on ne fera pas ça si on ne passe pas outre au sectarisme des spécialistes de la lutte des classes et, en même temps, aux routines de certains dirigeants et de certains capitalistes qui voudraient voir les affaires marcher toujours comme au temps de papa. »

Post suivant : 1952 : La Participation de De Gaulle s’appelle encore l’Association et continue à mûrir