Le taux de remplacement obtenu grâce aux régimes obligatoires se dégrade. Vraiment.

Pour préparer une séance de formation sur la retraite auprès des représentants du personnel d’un grand groupe coté, j’ai fait des simulations sur le taux de remplacement  (pourcentage du dernier salaire perçu au moment de la retraite). Pour cela j’ai utilisé le simulateur officiel M@rel qui permet à chaque assuré, quel que soit son âge, d’avoir une idée approximative de sa future retraite, en fonction d’une reconstitution de carrière. N’hésitez pas d’ailleurs à vous en servir afin de simuler votre propre cas individuel.

Ainsi, en se basant sur des cas-types correspondant à des carrières complètes, il s’avère que le taux de remplacement des ouvriers partant à la retraite en 2015 (à l’âge de 65 ans) s’élèvera à 62% alors que celui de ceux qui seront à la retraite en 2035 (nés en 1970) baissera de 5% (taux de remplacement de 59%).

S’agissant des cadres, la dégradation du taux de remplacement est encore plus importante. En 20 ans il diminuera de près d’un tiers (cf. graphique ci-dessous).

Le taux de remplacement est un indicateur de la perte de revenu instantanée que subissent les individus lorsqu’ils passent de l’activité à la retraite. Son évolution moyenne est liée à trois grandes variables : taux de cotisation, rapport (actifs cotisants / retraités), effet richesse (croissance économique réelle).

Les régimes de retraite publics par répartition étant soumis à une pression démographique et financière croissante, à terme ce taux ne dépassera pas 40% des salaires en moyenne dans tous les pays européens (cf. « La baisse du taux de remplacement est inéluctable »).

Pour l’améliorer, on peut par ailleurs agir sur plusieurs leviers dont le report de l’âge de la retraite. Rappelons que la réforme qui a reporté l’âge de la retraite de 60 à 62 ans a fait passer le taux de remplacement théorique de 60,4% à 63,8% (3,4 points), soit dans les faits une capacité à absorber 5% de dégradation liés à d’autres facteurs…

Pour finir, je vais reprendre les propos d’Olivier : « Penser que dans 30 ans, notre retraite sera assurée uniquement par un système par répartition étatique est un leurre. Certaines décisions nous seront imposées (âge légal de départ en retraite), mais il faudra agir individuellement, en épargnant de façon individuelle ou collective pendant sa vie active, en acceptant de retarder son départ en retraite si on en est encore capable et/ou de cumuler emploi et retraite. Ce n’est qu’en combinant ces différents moyens que les retraités de demain pourront maintenir leur niveau de vie et de ce point de vue, les politiques notamment en France ne peuvent se satisfaire d’une réforme des retraites qui toucherait au seul financement des régimes par répartition » (cf. post du 17/02/12).

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