Après les régimes à prestations définies (« Defined Benefits ») ou DB plans, les régimes à cotisations définies (« Defined Contributions ») ou DC plans, les anglo saxons viennent d’inventer le concept de plans à aspirations définies (« Defined Aspirations ») ou DA plans.

Ces nouveaux DA plans sont aussi connus sous le nom de plans hybrides car ils combinent les caractéristiques des plans à cotisations et des plans à prestations définies. C’est peut-être la réponse pour offrir sur les retraites privées cette fameuse flexi-sécurité tant encensée sur le marché de l’emploi.

L’idée est d’assurer la sécurité des futurs retraités avec une pension minimum garantie et un complément de pension variable en fonction du contexte boursier, afin d’éviter les effets pervers du respect des ratios de couverture en temps de crise. En effet en imposant aux DB plans de couvrir XX% de leurs engagements à tout moment (par exemple 105%, demain pire si les contraintes aberrantes de protection à 1 an de Solvabilité 2 sont étendues aux fonds de pension dans le cadre de l’adaptation de la directive IORP), on peut les forcer à liquider des positions au plus mauvais moment alors que l’ajustement temporaire des pensions aurait permis de bénéficier du rebond ultérieur. Mais cet ajustement est contraire au principe de la prestation définie. Paradoxalement ces principes de bonne gestion créés pour augmenter la sécurité peuvent conduire les gestionnaires à des décisions court termistes qui nuisent à la performance du plan. Le DA plan n’imposant le ratio de couverture que sur une partie des engagements, il relâche la pression sur le gestionnaire qui peut attendre en « sacrifiant » la pension complémentaire pour laisser passer l’orage.

Mais cette flexibilité accrue en phase de crise doit être accompagnée par une politique de sécurité accrue en phase de hausse boursière qui consiste, lorsque les régimes sont excédentaires, à mettre de côté les excédents sous forme de coussins (« buffers ») et ne pas les distribuer ni aux pensionnés sous forme de pension complémentaire ni aux « sponsors » des plans (entreprise, administration, …) en réduisant le montant des cotisations dans le plan.

Ces dernières années la plupart des plans à prestations définies ont été transformés en plans à cotisations définies, basculant du tout sécurité au tout flexibilité. Gageons que les plans à Aspirations Définies permettront de trouver un juste équilibre permettant d’offrir la flexi-sécurité et de faire revenir les investisseurs de long terme que sont les régimes de retraite vers les actifs longs contribuant à financer l’investissement productif de richesses et d’emploi.